Évaluation de l'Institut canadien de recherches avancées — Rapport final

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Avril 2013

Recommandé pour approbation au sous-ministre par
le Comité d'évaluation ministérie le

Approuvé par le sous-ministre le


Table des matières


Liste des sigles utilisés dans le rapport

Liste des sigles utilisés dans le rapport
Sigle Sens
AAPS Association américaine pour le progrès de la science
AAP architecture d'alignement de programmes
CAC Conseil des académies canadiennes
CANARIE Le réseau évolué de la recherche et de l'innovation du Canada
CP cristaux photoniques
CRSH Conseil de recherche en sciences humaines
CRSNG Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada
CT Conseil du Trésor
DGVE Direction générale de la vérification et de l'évaluation
FCI Fondation canadienne pour l'innovation
HAL Hickling Arthurs Low Corporation
IC Industrie Canada
ICRA Institut canadien de recherches avancées
IIQ Institut de l'informatique quantique
INO Institut national d'optique
IOP Institut de physique
IRSC Instituts de recherche en santé du Canada
MIT Institut de technologie du Massachusetts
OCDE Organisation de coopération et de développement économiques
OMP organosiliciés mésoporeux périodiques
ONG organisations non gouvernementales
PHQ personnel hautement qualifié
PI Perimeter Institute for Theoretical Physics
RCE réseaux de centres d'excellence
R-D recherche et développement
S et T sciences et technologie
SMA sous-ministre adjoint
SRC Société royale du Canada
U of T Université de Toronto

Liste des tableaux

List des tableaux
Tableau no Titre du tableau
Tableau 1 Programmes de recherche de l'ICRA
Tableau 2 Appui du gouvernement à l'égard des recherches avancées/ICRA
Tableau 3 Exemples relatifs à la commercialisation des recherches relevant de l'ICRA
Tableau 4 Tendances des recettes de l'ICRA de 2007 à 2012 (en milliers de dollars)
Tableau 5 Détails des tendances des recettes du secteur privé de 2007 à 2012 (en milliers de dollars)

Liste des figures

Liste des figures
Figure no Titre de la figure
Figure 1 Modèle logique de l'ICRA de 2008

Sommaire

Aperçu du programme

Fondé en 1982, l'Institut canadien de recherches avancées (ICRA) est une société indépendante sans but lucratif qui soutient les réseaux de chercheurs canadiens et étrangers. Sa mission consiste à accroître la capacité de recherche du Canada dans des domaines importants pour le pays et à renforcer le milieu de la recherche au Canada en préconisant l'excellence ainsi que la collaboration avec des chercheurs des universités et des instituts de recherche à l'échelle mondiale. Depuis 1987, l'ICRA a été financé de manière continue par le gouvernement du Canada.

Dans son budget de 2007, le gouvernement du Canada affectait 25 M$ à l'ICRA sur cinq ans, lesquels ont été accordés dans le cadre de l'accord de subvention conditionnelle. Ces 25 M$ représentaient environ le tiers du total des revenus de l'ICRA au cours de la période de cinq ans, de 2007-2008 à 2011-2012. La subvention conditionnelle ne visait pas les programmes particuliers relatifs à l'ICRA, mais agissait plutôt comme soutien à l'ensemble de l'organisation, contribuant aux objectifs existants lesquels visent à renforcer les réseaux mondiaux de recherche universitaire au Canada.

But de l'évaluation et méthode

Conformément à la Politique sur l'évaluation et la Directive sur la fonction d'évaluation du Conseil du Trésor, l'évaluation avait pour objectif d'étudier la pertinence et le rendement de l'ICRA. Les constatations de l'évaluation sont fondées sur l'analyse de plusieurs sources de données. La méthode comprenait une étude des documents, un examen de la documentation, des entrevues principales et une étude comparative des coûts.

Un élément clé ayant contribué à l'évaluation était l'évaluation et la vérification du rendement de 2010 de l'ICRA, menées par la Hickling Arthurs Low (HAL) Corporation. Cette étude comprenait un examen des documents, des dossiers et des analyses documentaires; des personnes interrogées; une enquête sur les membres des programmes de recherche; un exercice de comparaison.

Constatations

Pertinence

La recherche fondamentale financée par l'État répond à un besoin de favoriser l'innovation et d'offrir des avantages sociaux et économiques à la société canadienne. L'ICRA répond à ce besoin en élaborant et en gérant des programmes de recherche à grande échelle conçus afin de réaliser des percées du savoir qui contribueront à l'amélioration des retombées en matière de santé, d'environnement, d'économie, de même que les avantages sociétaux améliorés pour les Canadiens.

L'ICRA est conforme aux priorités du gouvernement fédéral liées à l'appui de la recherche fondamentale et au recrutement, à la formation et à la conservation de chercheurs, tel qu'énoncé dans la Stratégie de sciences et de technologie (S et T) de 2007, ainsi que dans les discours du Trône et dans les budgets fédéraux depuis 2007. Les programmes relatifs à l'ICRA s'inscrivent également dans les objectifs stratégiques d'Industrie Canada (IC).

De plus, le soutien à l'égard de l'ICRA cadre avec les rôles et les responsabilités du gouvernement dans le but d'encourager le développement des sciences et de la technologie. L'ICRA joue un rôle au sein de l'écosystème canadien en ce qui a trait aux sciences et à la technologie, permettant une approche relativement unique dans le but de mener des recherches fondamentales et appliquées ainsi que permettre les travaux multidisciplinaires et le financement pour les chercheurs internationaux et la collaboration.

Rendement

L'ICRA a largement atteint les résultats attendus tels qu'énoncés dans l'accord de financement.

L'ICRA a réussi à renforcer l'expertise sur le plan de la recherche interdisciplinaire dans des domaines importants en ce qui a trait aux développements économique et social du Canada. Cette expertise sur le plan de la recherche en témoigne dans les résultats obtenus par les chercheurs de l'organisation de même que dans la reconnaissance intrinsèque à l'échelle nationale et internationale parmi les nombreux prix dont ils ont été les lauréats. Cependant, l'évaluation de l'efficacité relative aux activités de partage des connaissances nécessiterait des mesures de rendement plus solides.

De plus, les liens plus étroits entre les chercheurs canadiens et les chercheurs à l'étranger ont été atteints au moyen de l'accroissement du niveau de l'engagement international dans les programmes liés à l'ICRA. Cela a été réalisé grâce à la pratique servant à attirer de nouveaux membres et des conseillers en provenance de différents pays en appuyant ces efforts déployés par la participation à des visites dans d'autres pays, à des forums de collaboration et à la recherche. Un aperçu supplémentaire de l'efficacité des activités de sensibilisation à l'échelle internationale nécessiterait des mesures de rendement plus améliorées.

Tout en favorisant la recherche de grande qualité au Canada, l'ICRA vise à instaurer un milieu solide en matière de recherche au pays en sensibilisant les jeunes chercheurs dans ses programmes. Les étudiants aux cycles supérieurs et les boursiers postdoctoraux participent à un niveau semblable à titre de participants au programme. L'ICRA a également attiré à ses travaux des chercheurs de haut calibre d'autres pays, dont certains ont été mobilisés à des postes au Canada. Selon les personnes interrogées, il existe, parmi les éléments dont on peut tirer parti de l'ICRA, un degré de collaboration internationale qui se trouve difficilement ailleurs.

Un autre élément que requiert un milieu de recherche solide est la présence de fonds nécessaires, et l'ICRA s'est employé à collaborer de manière à ce que la variation de son ratio en matière de financement soit alimentée de façon plus prononcée par les contributions du secteur privé et moins par les contributions du secteur public. Au cours des cinq dernières années, le financement offert par les gouvernements provinciaux a diminué. Néanmoins, les revenus ont été relativement stables ces trois dernières années puisque l'organisation a puisé davantage dans des fonds de sources privées.

À l'égard de l'utilisation des fonds, le recours à des organismes tiers aux fins d'exécution des programmes de recherche du type appuyé par l'ICRA est un mécanisme d'exécution efficace. En outre, l'exercice de comparaison des prix montre que le « modèle virtuel » de l'ICRA est efficace lorsqu'on le compare aux modèles plus traditionnels utilisés par d'autres organismes de recherches avancées par des variables de ratio des coûts hors programme aux coûts totaux.

Recommandations

Des conclusions de l'évaluation se dégage la recommandation suivante :

Recommandation 1:  la Direction des partenariats scientifiques devrait travailler avec l'ICRA afin de favoriser leurs stratégies de mesure du rendement. L'élaboration de mesures de rendement supplémentaires dans le but de mieux cerner l'efficacité relative aux activités et aux extrants de l'ICRA en vue de déterminer les résultats intermédiaires et à long terme devrait recevoir une attention particulière.


haut de la page

1.0 Introduction

Ce rapport présente les résultats de l'évaluation de l'Institut canadien de recherches avancées (ICRA). La présente évaluation avait pour objet d'évaluer la pertinence et le rendement de l'ICRA. Le rapport compte quatre sections : 

  • La section 1 dresse le profil de l'ICRA.
  • La section 2 présente la méthode d'évaluation et une analyse des limites des données.
  • La section 3 fait état des constatations propres à l'évaluation de la pertinence et du rendement.
  • La section 4 résume les conclusions de l'évaluation et recommande des mesures à prendre.

1.1 Aperçu du programme

Depuis les années 1990, des organismes autonomes ont servi d'outils à l'élaboration d'une politique publique fédérale, particulièrement dans les domaines de la recherche-développement et de l'éducation. Dans le cadre de son programme de partenariats scientifiques, Industrie Canada, pas l'intermédiaire d'organismes tiers, gère les contributions du gouvernement fédéral à un nombre d'organismes, y compris l'Institut canadien de recherches avancées (ICRA). Ces investissements devraient favoriser la collaboration en ce qui concerne les engagements du gouvernement tels qu'énoncés dans la Stratégie des sciences et de la technologie. L'ICRA a été partiellement fondé par le gouvernement du Canada depuis 1987.

L'ICRA a été établi en 1982 à titre de société indépendante à but non lucratif qui appuie des réseaux réunissant quelques-uns des meilleurs chercheurs canadiens et étrangers qui mènent des recherches à long terme sur des questions scientifiques, sociales et économiques. Elle a pour mission d'accroître la capacité de recherche dans des domaines revêtant une importance pour le Canada et de renforcer le milieu canadien de la recherche grâce à la promotion de l'excellence et de l'engagement avec les collectivités de recherche internationale dans les universités et les instituts de recherche à l'échelle mondiale. L'ICRA appuie des programmes de recherche dans douze domaines, reposant sur près de 400 chercheurs de haut calibre partout dans le monde.

La recherche qui est appuyée par l'ICRA est essentielle, de par sa nature, et comprend une gamme de recherches fondamentales et appliquées. Les questions, lesquelles sont cernées et élaborées dans les programmes, comblent les lacunes essentielles à la compréhension dans les domaines précis et jugés fondamentalement pertinents à l'égard de la société, et où l'engagement de l'ICRA peut avoir une incidence considérable — aussi bien par l'entremise d'une nouvelle technologie, que par des modifications apportées à la politique ou par l'amélioration de la façon dont nous comprenons le monde.

L'appui continu d'Industrie Canada a pour objet : d'attirer et de maintenir en poste des chercheurs hautement qualifiés au Canada; d'instaurer des forces en matière de recherche interdisciplinaire dans les domaines qui prennent une importance à l'endroit du Canada; encourager le maillage des chercheurs canadiens et étrangers; encourager une plus grande participation du secteur privé ainsi que les investissements du gouvernement provincial dans des activités de recherche fondamentale.

1.2 Gouvernance

L'ICRA est régi par un conseil d'administration, ainsi que ses comités connexes, de même qu'un Conseil de recherche et d'un Conseil d'experts.

Le conseil d'administration est responsable de la gouvernance de l'ICRA. Le conseil d'administration peut comprendre entre 15 et 24 membres conformément au règlement administratif de l'ICRA et, en date du , comprenait 24 membresNote de bas de page 1. Les administrateurs sont des personnes éminentes qui proviennent de l'entreprise canadienne, des collectivités de recherche et des collectivités d'experts en la matière. Il existe quatre comités du conseil d'administration : la gouvernance, le progrès et les communications, la vérification et les finances, et les investissements.

Le Conseil de recherche prend part au processus de surveillance de l'orientation globale et de la qualité des recherches entreprises par l'ICRA, en conseillant le président au sujet de l'approbation et du renouvellement des programmes de recherche, en présentant un aperçu des milieux de recherche canadiens et étrangers. Le Conseil de recherche est désigné et présidé par le président. Au , il comprenait 14 membresNote de bas de page 2 principalement en provenance des échelons supérieurs des universités canadiennes et, plus récemment, des universités étrangères.

Comme demandé, le Conseil d'experts prête main-forte au conseil d'administration et au président en fournissant des conseils. Le Conseil d'experts est formé d'anciens membres du conseil d'administration et du Conseil de recherche, ainsi que d'anciens participants aux programmes de recherches liés à l'ICRA. Le Conseil d'experts comptait 27 membresNote de bas de page 3 en date du .

1.3 Modèle de recherche de l'ICRA

Le modèle de recherche de l'ICRA est de nature virtuelle. Le principe de l'approche adoptée par l'ICRA vise à créer un réseau de chercheurs de haut calibre provenant d'institutions nationales et internationales distinctes et à simplifier et appuyer l'interaction entre les chercheurs concernant les questions de recherche d'intérêt général à la jonction des disciplines.

Le modèle de recherche de l'ICRA se compose en quatre volets : 

  1. Recherche de questions de recherche :  l'ICRA débute par cibler les « grandes questions » puis forme des équipes de recherche, lesquelles sont les mieux positionnées pour s'attaquer aux questions. Davantage d'organismes de recherche traditionnels commencent par recruter une équipe qui possède une certaine discrétion en ce qui a trait à la formulation des questions de recherche. Pour ce faire, l'ICRA emploie un processus de recherche et d'exploration actives pour les nouveaux sujets de recherche en utilisant les diverses formes de commentaires de ses intervenants. Les questions possibles à l'endroit de l'ICRA sont examinées par le président et les cadres supérieurs de l'ICRA à l'aide des conseils des membres du Conseil de recherche, et les questions d'intérêt font ensuite l'objet d'une série d'ateliers, laquelle précise les questions. Un Groupe de travail est radié de diriger l'initiative. Les chercheurs potentiels, les directeurs du programme et les conseillers principaux sont identifiés dans le cadre du processus de recherche qui prend habituellement de deux à quatre ans.
  2. Processus d'approbation :  à la suite d'un processus de recherche s'avérant une réussite, une proposition est élaborée par le Groupe de travail pour le programme proposé, lequel expose un plan de recherche pour les cinq premières années, et suggère les chercheurs identifiés, le directeur du programme et les membres du Comité consultatif relatifs au programme en question. Le Conseil de recherche évalue le programme au regard des critères suivants :
    • ajoute une valeur importante à son domaine de recherche et répond aux grandes questions;
    • ne dédouble pas un domaine déjà bien compris;
    • tranche les questions de recherche auxquelles un seul chercheur ou une discipline ne peut répondre ou auxquelles les chercheurs d'un seul établissement ne peuvent répondre;
    • mène à des percées qui auraient des incidences positives au Canada et partout au monde, ce qui engage un nombre important de chercheurs canadiens et ferait vraisemblablement revenir les chercheurs au Canada.
  3. Programme de recherche :  l'ICRA établit des programmes de recherche de même qu'un plan de recherche pour un terme de cinq ans. Elle offre aux membres des programmes, sur une période de cinq ans, des fonds discrétionnaires visant à simplifier leur recherche ayant trait au programme. L'ICRA organise et appuie les réunions des membres des programmes, qui habituellement se résument de deux à trois réunions par année pour chacun des programmes. À l'heure actuelle, l'ICRA comporte 12 programmes. Le tableau 1 fournit une brève description de ces programmes.
  4. Processus d'examen du programme :  les programmes sont examinés après quatre ans au sein du terme échelonné sur cinq ans par l'intermédiaire d'un procédé officiel d'évaluation par les pairs au terme d'une étude effectuée par des chercheurs de haut calibre choisis par l'ICRA. L'examen tient compte des résultats du programme et de la planification en vue des cinq prochaines années tels que présentés par le directeur du programme. En plus d'évaluer les programmes au regard des critères en matière d'excellence et de pertinence, le procédé d'évaluation par les pairs évalue également le rendement des membres des programmes à titre personnel pour ce qui est de l'excellence des travaux qu'ils exécutent et de la contribution globale qu'ils apportent relativement à la réussite du programme. Les examens déboucheront à la prorogation du programme ou à sa cessation, ainsi que la continuation ou la résiliation de la participation d'un membre à titre personnel.
Tableau 1 : programmes de recherche de l'ICRA (au )
Programmes de recherche Nombre de membresNote de bas de page 4 Année de fondation Description
Cosmologie et gravité 50 1986 Tente de rendre compte, de façon exhaustive, de l'histoire de la structure et de l'évolution de l'univers entier, dès le premier instant de son existence à son destin final.
Évolution du système terrestre 32 1992 Essaie de constituer le contexte plus vaste sur la façon dont notre monde a évolué au cours de centaines de millions d'années.
Développement cérébral et biologique fondé sur l'expérience 24 2003 Examine la principale question traitant sur la façon dont les expériences sociales influent le développement biologique et contribue à établir des trajectoires précoces relatives à la santé et au développement toute une vie durant.
Réseaux génétiques 19 2005 Vise à découvrir la façon dont les gènes interagissent avec les autres, une recherche qui pourrait déterminer les causes fondamentales de plusieurs maladies génétiques complexes menant à la découverte de traitements et de mesures de prévention.
Institutions, organisations et croissance 29 2004 Vise à répondre à la question sur ce qui fait en sorte que certains pays sont riches et d'autres pauvres, en évaluant les divers effets des types d'établissements et d'organisations, lesquels proposent des buts déterminés en matière de croissance économique.
Biodiversité microbienne intégrée 26 2007 Explore l'univers microbien diversifié entourant et touchant la vie humaine. La recherche transforme la faculté humaine en ce qui concerne la biodiversité et modifie les approches liées à la médecine et à la santé, à la durabilité environnementale et à la biologie évolutive elle-même.
Nanoélectronique 40 1999 Vise à déterminer les propriétés des matériaux à l'échelle nanométrique (un milliardième de mètre), et grâce à laquelle il pourrait être possible de créer des circuits imprimés plus petits que ceux utilisés aujourd'hui dans les micropuces.
Calcul neuronal et perception adaptative 32 2004 Destiné à percer le mystère de la manière dont notre cerveau convertit les stimulus sensoriels en renseignements et recrée le style humain par l'apprentissage à l'aide d'ordinateurs.
Traitement de l'information quantique 36 2002 Cherche des moyens afin d'exploiter les propriétés du monde quantique, à la fois étranges et fascinantes, où l'acte simple d'examiner un objet modifie sa nature, et également dans le but de fabriquer des ordinateurs quantiques.
Matériaux quantiques 71 1987 Explore la mise au point et l'utilisation des matériaux quantiques dont les propriétés électroniques innovantes ou inhabituelles, comme la supraconductivité, qui pourraient révolutionner le monde de la technologie.
Interactions sociales, identité et bien-être 23 2005 Étudie les liens établis entre les interactions sociales, l'identité et le bien-être. À travers l'histoire, la recherche de l'identité a été plutôt théorique, et le bien-être, quant à lui, plutôt empirique. Les interactions sociales réduisent les deux en influant sur l'identité et le bien-être.
Sociétés prospères 20 2002 Ausculte les racines des inégalités sociales et pose la question suivante : qu'est-ce qui constitue une société prospère?

1.4 Ressources

Le budget de 2007 du gouvernement du Canada a accordé 25 millions de dollars à l'ICRA sur une période de cinq ans (2007-2008 à 2011-2012), lesquels ont été octroyés dans le cadre de l'accord de subvention conditionnelle. La subvention fédérale représentait environ le tiers du total des revenus de l'ICRA au cours de la période de cinq ans. La subvention conditionnelle ne visait pas les programmes particuliers relatifs à l'ICRA, mais agissait plutôt comme élément complétant l'ensemble du budget organisationnel, contribuant aux objectifs existants lesquels visent à renforcer les réseaux mondiaux de recherche universitaire au Canada.

1.5 Résultats attendus et modèle logique

Les résultats attendus de l'ICRA, tels qu'énoncés dans l'entente de financement, consistent à :

  • améliorer les processus de préparation, d'attraction et de maintien en poste de personnel hautement qualifié au Canada;
  • encourager le secteur privé et les administrations provinciales à investir davantage dans les activités de recherche-développement (R-D) fondamentale au Canada;
  • renforcer la recherche interdisciplinaire dans les domaines qui revêtent une importance particulière pour le développement scientifique, économique et social du Canada à long terme;
  • encourager le maillage des activités des chercheurs canadiens et étrangers.

Le modèle logique suivant a été élaboré par l'ICRA et approuvé par son conseil d'administration en 2008. Le modèle logique (figure 1) présente les intrants, les activités et les extrants du programme, ainsi que ses résultats à court terme, intermédiaires et à long terme.

Les résultats attendus et les résultats immédiats et partiels pertinents ont été utilisés pour orienter l'évaluation des enjeux d'évaluation fondamentale de la « réalisation des résultats escomptés ».

Figure 1 : Modèle logique de l'ICRA (2008)

Modèle logique de l'ICRA (2008) (la description détaillée se trouve sous l'image)
Description de la Figure 1

Cette figure illustre le modèle logique de l'Institut canadien de recherches avancées (ICRA). Un modèle logique montre la façon dont les activités du programme sont censées entraîner différents niveaux de résultats.

Ce modèle logique est divisé en trois sections horizontales. La section supérieure comporte la partie 1.0 (Ressources). La section du centre contient les parties 2.0 (Activités) et 3.0 (Extrants). La section inférieure (Résultats) renferme les parties 4.0, 5.0 et 6.0, lesquelles indiquent les résultats à court terme, à moyen terme et à long terme, respectivement. Bien qu'aucune flèche n'ait été dressée dans la figure du modèle logique afin de relier les éléments qui y sont présentés, il faut considérer que les ressources du point 1.1 conduisent aux activités du point 2.1, lesquelles produisent des extrants au point 3.1, qui mènent aux résultats du point 4.1; les ressources du point 1.2, engendrent les activités du point 2.2, lesquelles produisent les extrants du point 3.2, qui sont la source du niveau de résultats au point 4.2, etc.

La section supérieure de la figure 1.0 « Ressources », identifiée par code de couleur en noir et qui détermine les cinq secteurs en matière de ressources et d'intrants, contient deux groupes distincts. Le premier regroupe les « intrants financiers » du point 1.1, y compris le financement des secteurs public et privé, les dons en provenance des secteurs public et privé, et les investissements; la « gouvernance de l'ICRA » au point 1.2, incluant le conseil d'administration, les cadres supérieurs, la gestion et le personnel ainsi que des comités portant sur : la gouvernance, la vérification et les finances, les investissements, les progrès et la communication; les « intrants idéationnels » du point 1.3, lesquels comprennent le conseil de recherche, les conseillers et les groupes de travail, le milieu de la recherche, de même que la politique publique. Le deuxième groupe, quant à lui, comprend les « intervenants » au point 1.4, y compris le milieu de recherche canadien, le milieu de recherche à l'échelle internationale, les secteurs public et privé (dont les donateurs), la population canadienne et les dirigeants communautaires, et les bénéficiaires au point 1.5, comprend les boursiers, les universitaires, les associés et les jeunes chercheurs. Il existe une boucle de rétroaction entre ces deux groupes d'activités qui met en évidence les liens tissés entre les ressources et les activités et le premier groupe d'activités et de résultats.

La section du centre, formé des points 2.0 (Activités) et 3.0 (Extrants), détermine les principaux types d'activités ou de programmes exécutés par l'ICRA et leurs extrants correspondants.

L'ICRA compte quatre principales activités. Les trois premières sont regroupées et sont identifiées, codées par la couleur rouge, alors que la quatrième est codée par la couleur verte. Le titre de chacune des activités est situé au haut d'une cellule, sous laquelle est dressée une liste de sous-activités.

La première activité étant la gouvernance des finances et la gestion des risques, au point 2.1, énumère les sous-activités suivantes : assurer la gouvernance et la gérance; élaborer et mettre en oeuvre le plan et la stratégie de l'organisation; planifier et veiller à la gestion de la relève pour le personnel et les gestionnaires; la budgétisation; la comptabilité (recettes et débours); le contrôle interne et les rapports financiers; la gestion de la trésorerie et des investissements; la gestion des risques; élaborer la vérification du rendement et la stratégie de l'évaluation. Cette activité ainsi que ses sous-activités produisent les extrants au point 3.1, lequel comprend : les comités et procès-verbaux; les plans stratégiques et les plans de la relève; l'intégration de nouveaux employés et gestionnaires; la recherche continue pour le Conseil international et pour les membres du Conseil de recherche; le grand livre, les encaissements et les paiements; les états financiers, les rapports annuels et trimestriels, les rapports vérifiés et les rapports aux donateurs; le budget annuel et le Plan quinquennal; le revenu des investissements; la politique et les procédures au sujet de la gestion des risques; la vérification du rendement et la stratégie d'évaluation.

La deuxième activité étant les progrès et les communications, au point 2.2, énumère les sous-activités suivantes : superviser la collecte de fonds; superviser la stratégie liée à la communication (publications, matériel promotionnel, relations publiques, activités); superviser le marketing, le marquage et la publicité (y compris les médias, les nouvelles fonctions médiatiques et la stratégie des communications internes). Cette activité, de même que ses sous-activités produisent les extrants au point 3.2, lequel comprend : les communications et les propositions relatives au secteur privé et au gouvernement; les publications et le matériel; les activités; le marquage et la publicité; les sites Web et le réseautage social; les communications et les activités internes.

La troisième activité étant les programmes et la recherche est subdivisée en trois sous-activités, dont chacune d'entre elles compte l'une des sous-activités produisant les extrants. La sous-activité 2.3.1 « recherche et processus d'approbation » recèle les sous sous-activités suivantes : l'identification des débouchées (à chercher les « grandes questions »); l'élaboration et l'approbation du concept; la focalisation et l'élaboration du programme. Cette sous-activité de même que ses sous sousactivités produisent les extrants au point 3.3.1 jouant le rôle des nouveaux programmes de recherche établis dans les domaines qui revêtent une importance pour le Canada à l'intérieur d'un contexte international.

La sous activité gestion et transfert du savoir (TS) au point 2.3.2 englobe les sous sous-activités suivantes : le recrutement de chercheurs et l'appui à leur égard; la facilitation de la collaboration; l'action de nourrir le talent des jeunes chercheurs, l'établissement de liens à l'échelle internationale; les activités de TS menées; l'évaluation continue des programmes et des modèles de recherche. Cette sousactivité et ses sous sous-activités produisent les extrants relatifs à la rémunération, au recrutement et au maintien en poste des chercheurs, aux réunions et aux activités du programme, aux boursiers au doctorat et aux initiatives à l'intention des jeunes envers l'Académie virtuelle pour jeunes chercheurs, à la participation du milieu de recherche internationale; aux ressources en matière de TS, aux produits et aux engagements pris ainsi qu'aux rapports et aux enquêtes concernant le programme, se trouvant tous au point 3.3.2.

L'examen de la sous-activité 2.3.2 comprend la sous sous-activité suivante : l'examen externe par les pairs relativement à chaque programme de recherche (sur cinq ans). Cette sous-activité accompagnée de sa sous sous-activité produisent les extrants au point 3.3.3 : les rapports sur cinq ans en ce qui a trait au programme des directeurs et aux propositions de renouvellement; les énoncés des membres; les rapports du Comité et les recommandations.

La quatrième activité étant la recherche avancée, au point 2.4, énumère les sousactivités suivantes : la recherche menée par des chercheurs établis; la recherche menée par de jeunes chercheurs; la collaboration scientifique; les interactions informelles (d'une personne à une autre, d'une personne à plusieurs personnes, le réseautage); les interactions structurées, dont les ateliers, les séminaires, les conférences et les congrès. Cette activité de même que sa sous-activité produisent les extrants au point 3.4, lequel comporte notamment : le savoir; les livres; les articles examinés par les pairs; les traitements; les ateliers et les séminaires; les conférences et les congrès; l'interaction et la collaboration scientifiques.

Une boucle de rétroaction relie la section 1.0 (Ressources) avec les deux groupes d'activités et d'extrants (codes de couleur rouge et verte, respectivement) et la partie inférieure de la section relative aux résultats.

La partie inférieure des trois sections horizontales, soit les résultats, est composée de trois niveaux de résultats. Le premier niveau de résultats est le court terme au point 4.0. Il existe cinq résultats à court terme. Le résultat 4.1 indique les résultats énoncés suivants : la gouvernance et la gérance sont assurées; une meilleure aptitude et expertise au regard des relations dans le secteur public; de l'intégration de nouveaux employés et de gestionnaires; de la qualité, de la précision, des délais et de la conformité des fonctions et des rapports financiers tous assurés; de la disponibilité des fonds pour les activités et les besoins à venir; des risques organisationnels gérés. Ce résultat à court terme occasionne deux résultats à moyen terme, dont une plus grande stabilité financière et un financement équilibré énoncé au point 5.1 et la mise en oeuvre des plans de la relève et stratégiques énoncée au point 5.2.

Le résultat au point 4.2 souligne les énoncés de résultats suivants : l'accroissement du financement et du nombre de donateurs; l'accroissement de la sensibilisation et des intérêts dans les recherches de l'ICRA; l'accroissement de la signature institutionnelle. Le résultat au point 4.3 spécifie l'énoncé de résultats suivant : la portée et le modèle de la recherche de l'ICRA élargis. Le résultat au point 4.4 précise les énoncés de résultats suivants : veiller à la pertinence et au besoin continu du programme; vérifier la qualité scientifique et l'incidence. Ces trois résultats à court terme provoquent deux résultats à moyen terme, soit l'accroissement du profil de l'ICRA et de la perspective et de la portée mondiale, énoncée au point 5.3, et l'accroissement de l'engagement des chercheurs de l'ICRA en ce qui concerne les auditoires cibles, mentionné au point 5.4.

Le résultat 4.5 indique les énoncés de résultats suivants : appuyer la création du savoir (nouveaux concepts et domaines); accroître l'excellence de la recherche et le leadership; former du PHQ; accroître la collaboration et l'interaction de la recherche au pays et à l'étranger; accroître la diffusion et l'échange des résultats de la recherche. Ce résultat à court terme donne lieu à deux résultats à moyen terme, notamment attirer et maintenir la recherche talentueuse au Canada au point 5.5, et répondre à des questions complexes aux bornes de la compréhension au point 5.6.

Tous les résultats à court et moyen terme contribuent au niveau des résultats à long terme, au point 6.0. Il existe trois résultats à long terme cernés : la société bien informée, au point 6.1, dont le public canadien informé et la politique canadienne informée; la vie humaine enrichie au point 6.2, créant le savoir et l'innovation qui contribuera au développement socioéconomique et scientifique à long terme des Canadiens; le milieu canadien de recherches avancées au point 6.3, lequel instaure les forces de la recherche interdisciplinaire et favorise les Canadiens à devenir des chefs de file dans les domaines stratégiques.


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2.0 Méthodologie

La présente section traite de l'approche à l'égard de l'évaluation, de l'objectif et de la portée de l'évaluation; des questions auxquelles on a tenté de répondre, de la méthode de collecte des données et des limites des données.

2.1 Approche de l'évaluation

Cette évaluation est fondée sur la vérification de l'évaluation et du rendement réalisée en 2010 par la Hickling Arthurs Low (HAL) Corporation. L'étude de 2010 a examiné les activités de l'ICRA de 2007 à mars 2010 et a inclus une évaluation limitée de deux des trois enjeux fondamentaux relatifs à la pertinence (le besoin continu et l'harmonisation avec les priorités du gouvernement), de même qu'une évaluation du rendement. Comme cette étude était dirigée par le bénéficiaire, elle n'était pas tenue de satisfaire à l'exigence du Conseil du Trésor afin de porter sur les cinq enjeux fondamentaux relatifs à l'évaluation.

L'évaluation actuelle de l'étude, laquelle a été supervisée par la Direction générale de la vérification et de l'évaluation (DGVE) d'Industrie Canada, effectue une mise à jour de l'évaluation et élargit la portée afin de porter sur les cinq enjeux fondamentaux relatifs à la pertinence et au rendement. La collecte et l'analyse des données étaient principalement menées par Science-Metrix pour les enjeux fondamentaux relatifs à la pertinence et par la HAL Corporation pour les enjeux fondamentaux relatifs au rendement.

2.2 Objectif et portée

Une évaluation de l'ICRA est obligatoire aux termes de l'article 42.1 de la Loi sur la gestion des finances publiques. Conformément à la Politique sur l'évaluation et à la Directive sur la fonction d'évaluation du Conseil du Trésor, elle avait pour objectif d'étudier la pertinence et le rendementNote de bas de page 5 du programme. Cette évaluation portait sur la période d'avril 2007 à mars 2012.

2.3 Enjeux d'évaluation

Pertinence

  1. Existe-t-il un besoin continu pour la recherche fondamentale subventionnée par l'État? Le programme de recherche offert par l'ICRA répond-il à ce besoin?
  2. L'ICRA respecte-t-il les priorités du gouvernement fédéral et les objectifs stratégiques d'Industrie Canada?
  3. Le financement le l'ICRA est-il cohérent avec les rôles et responsabilités du gouvernement?

Rendement

  1. Dans quelle mesure la recherche appuyée par l'ICRA a-t-elle contribué à renforcer la recherche multidisciplinaire dans les domaines qui revêtent une importance particulière pour le développement scientifique, économique et social du Canada à long terme?
  2. La sensibilisation à l'échelle internationale engagé par l'ICRA a-t-il encouragé le maillage des activités des chercheurs canadiens et étrangers?
  3. Dans quelle mesure l'ICRA a-t-il été en disposition d'améliorer les processus de préparation, d'attraction et de maintien en poste de personnel hautement qualifié au Canada?
  4. Dans quelle mesure l'ICRA a-t-il été à même d'encourager le secteur privé et les administrations provinciales à investir davantage dans les activités de recherche-développement (R-D) fondamentale au Canada?
  5. La prestation des programmes de recherche par l'ICRA est-elle efficace et efficiente?

2.4 Méthode de collecte des données

Cette évaluation vient compléter les méthodes de collecte des données qui étaient utilisées dans la vérification de l'évaluation et du rendement de 2010. L'étude de 2010 comprend : des documents, des dossiers et des analyses documentaires; des personnes interrogées (60); une enquête sur les membres des programmes de recherche; un exercice de comparaison. L'étude actuelle comprend un examen des documents plus approfondi, un examen documentaire, des personnes interrogées et une analyse actualisée de la collecte des données dans cet exercice de comparaison.

2.4.1 Examen des documents

L'examen comprend des documents sur : les priorités du gouvernement fédéral (p. ex., le budget fédéral, le discours du Trône); les priorités d'Industrie Canada (p. ex., les rapports sur les plans et les priorités, les rapports ministériels sur le rendement), les documents du programme relatifs à l'ICRA (p. ex., une entente de financement, les présentations du CT); la vérification de l'évaluation et du rendement de l'ICRA de 2010; d'autres documents qui ont rapport à l'ICRA (p. ex., les rapports annuels, les rapports en matière de recherche, les procédés d'examen par les pairs). Cette méthode a été d'une précieuse aide lorsqu'est venu le moment d'aborder tous les enjeux en ce qui concerne l'évaluation, en particulier les enjeux concernant les priorités du gouvernement et les rôles et les responsabilités du gouvernement. Une liste des principaux documents examinés est comprise dans l'annexe 1.

2.4.2 Examen documentaire

Cet examen est axé sur le besoin de la recherche fondamentale du type appuyé par l'ICRA, le rôle du gouvernement fédéral au regard de l'appui à la recherche et la façon dont le modèle de recherche de l'ICRA diffère de la recherche financée par l'entremise d'autres sources fédérales (p. ex., les organismes subventionnaires). Des rapports pertinents en provenance du Conseil des sciences, de la technologie et de l'innovation, du Conseil des académies canadiennes (p. ex., le rapport sur l'état des sciences et de la technologie au Canada), des associations scientifiques canadiennes, des rapports d'autres pays au sujet de la justification du financement en matière de recherche fondamentale (y compris le Canada, les É.-U., l'Australie, le Japon, l'OCDE et l'Europe) et des articles de doctrine offrant des points de vue sur le compte du financement pour les recherches fondamentales et interdisciplinaires étaient compris dans l'examen. La documentation parallèle sur le sujet a également été consultée. Une liste des articles et des rapports examinés est présentée à l'annexe 2.

2.4.3 Entrevues clés

Les entrevues avaient pour objectif de recueillir de l'information détaillée, notamment des opinions, des explications et des faits liés aux questions de l'évaluation à partir des points de vue diversifiés de la part des intervenants. Au total, vingt entrevues ont été menées auprès des groupes suivants :

  • administrateurs de l'ICRA (deux);
  • haute direction de l'ICRA (quatre);
  • CIFAR program directors (3)
  • directeurs des programmes de l'ICRA (trois);
  • représentants d'administrations provinciales sélectionnés (deux);
  • ministère des Finances (un);
  • Industrie Canada (cinq);

La liste des personnes interrogées et des guides d'entrevue figure aux annexes 3 et 4, respectivement.

2.4.4 Étude de comparaison des coûts

Pour évaluer l'efficacité de l'ICRA, une comparaison entre les activités de l'ICRA et les autres instituts de recherches avancées semblables à l'ICRA a été effectuée, relativement à leur taille et à leur domaine de recherche privilégié. L'approche utilisée au cours de cette évaluation avait pour objectif la mise à jour des renseignements fournis dans la vérification du rendement et de l'évaluation de l'ICRA de 2010. Chacun des instituts participants est reconnu pour les travaux de recherche de qualité supérieure qu'il mène au sujet de questions complexes. Par conséquent, les données relatives aux années de 2010-2011 et de 2011-2012 (le cas échéant) ont été ajoutées aux données de 2003-2004 et de 2008-2009 exposées dans l'étude de 2010, afin de présenter une tendance s'échelonnant sur une période de sept à huit ans. Les renseignements ont été recueillis à l'aide des sites Web, des états financiers et des entrevues de l'Institut. Un résumé des renseignements financiers proportionnels à chacune des organisations comprises dans l'étude figure à l'annexe 5.

2.5 Limites des données

Il existe trois limites principales à envisager au moment de procéder à un examen des résultats de l'évaluation. Les limites de l'étude et les mesures d'atténuation sont abordées ci-dessous

  • Enquête sur les membres des programmes de l'ICRA  : une enquête sur les membres participants aux programmes de l'ICRA n'a pas été menée, car le temps afin d'en mener une manquait au délai imparti à l'évaluation actuelle. De plus, les membres des programmes ont récemment pris part à une enquête dans le cadre de la vérification de l'évaluation et du rendement de 2010, et le court intervalle entre les périodes de collecte des données aurait imposé un fardeau de réponse aux membres des programmes. En tenant compte de ces deux facteurs, les données sur le rendement ont été mises à jour afin de donner une analyse plus longue sur la tendance dans le but d'entraver cette limite.
  • Étude de comparaison des coûts  : une limite de l'étude des coûts consiste à ce que chaque exercice financier de l'institut soit différent, à ce que les définitions aient variées entre les instituts (p. ex., la répartition des coûts d'exploitation dans la collecte de fonds, la gestion du programme) et à ce que les données financières comparables à l'égard de chaque institut ne soient pas toujours disponibles pour la même année. Afin de remédier à cette obstruction, les tendances ont été analysées sur une période de sept à huit ans plutôt qu'un simple point de donnée, et le cas échéant, les pourcentages ont été comparés plutôt que les nombres absolus. En outre, les organisations participantes appuient toutes un groupe de chercheurs, lesquels sont des résidents à l'organisation de recherche considérant que l'ICRA ne possède pas d'établissement dédié à la recherche. Or, L'ICRA finance plutôt les chercheurs qui continuent à travailler à leur établissement actuel. Afin d'entraver cette problématique, l'évaluation considère l'étude des coûts comme une comparaison des modèles de recherche plutôt qu'une comparaison des établissements de recherche.
  • Données sur le rendement  :  Dans l'ensemble, l'ICRA recueille des données de haute qualité et de rendement fiable en regard de leurs mesures de rendement existantes. Ces données ont été grandement efficaces lorsqu'elles ont été utilisées pour produire un rapport précisément en regard des résultats attendus de l'entente de financement de l'ICRA. Néanmoins, les données provenant des mesures existantes n'ont pu être utilisées pour évaluer pleinement la mesure dans laquelle les extrants et les diverses activités relevant de l'ICRA ont contribué à l'atteinte de ces résultats, notamment dans les domaines du partage du savoir et de la sensibilisation à l'échelle internationale. Ceci limite la mesure dans laquelle l'étude de l'évaluation pourrait pleinement saisir l'occasion de réaliser des résultats intermédiaires et à long terme.

haut de la page

3.0 Constatations

3.1 Pertinence

3.1.1 La recherche fondamentale financée par des fonds publics répond-elle encore à un besoin? Les programmes de recherche exécutés par l'ICRA répondent-ils à ce besoin?

Principale constatation : il existe un besoin continu en ce qui a trait à la recherche fondamentale financée par des fonds publics comme moyen de favoriser l'innovation et d'apporter des retombées socioéconomiques à la société canadienne. L'ICRA répond à ce besoin par l'exécution de programmes de recherche à grande échelle visant à réaliser des percées dans les connaissances qui contribueront à l'amélioration des retombées socioéconomiques, environnementales et en matière de santé pour les Canadiens, et à exécuter les activités de même que les programmes appuyant l'attraction et la formation de personnel hautement qualifié.

La recherche fondamentale financée par des fonds publics répond à un besoin de favoriser l'innovation et d'apporter des retombées socioéconomiques à la société canadienne. Le rendement en matière d'innovation est reconnu par l'OCDE comme un déterminant essentiel à la concurrence et au progrès national. En donnant suite à leurs brillantes idées, les chercheurs contribuent à l'instauration d'un vaste éventail de connaissances, de compréhension et d'expertise qui peuvent faire germer à plus long terme des possibilités sociales et économiques. Plusieurs innovations technologiques et sociales, comportant des incidences socioéconomiques étroites et positives, ont eu leurs origines dans la recherche publique et proviennent des constatations, lesquelles étaient impossibles à prévoirNote de bas de page 6.

Le moyen le plus commun dans lequel la recherche fondamentale produit des retombées et favorise l'innovation est par la création de nouvelles connaissances, informations et idées, lesquelles sont disponibles aux entreprises et aux autres « utilisateurs » tels que les chercheurs du secteur public et les décideurs. Toutefois, un nombre d'autres retombées socioéconomiques importantes est de plus en plus reconnu, y compris les retombées indirectes, subtiles et hétérogènes. Ces retombées sont difficiles à évaluer en continu et à mesurer, comme l'accroissement des aptitudesNote de bas de page 7 de la société en matière d'apprentissage ou de développement des compétencesNote de bas de page 8. L'examen de Salter et Tang portant sur les études des retombées relatives à la recherche fondamentale financée par des fonds publics a permis de déterminer les points qui suivent, par lesquels les retombées découlant de la recherche profitent à l'économie et à la société : 

  • augmentation du bagage de connaissances utiles;
  • apport de diplômés et de chercheurs qualifiés;
  • création de nouveaux instruments scientifiques et de nouvelles méthodes;
  • élaboration de réseaux et stimulation des interactions sociales;
  • amélioration de la capacité à résoudre des problèmes;
  • création de nouvelles entreprises;
  • partage de connaissances socialesNote de bas de page 9.

La documentation politique et scientifique, au Canada et à l'échelle internationaleNote de bas de page 10, appuie le besoin continu de la recherche fondamentale et appliquée financée par des fonds publics. Cela est en grande partie attribuable à une gamme de retombées possibles dérivées des activités de recherche, de concert avec leur contribution reconnue à la prospérité d'une solide économie fondée sur le savoir. Par exemple, le gouvernement du Canada, par l'intermédiaire de la Stratégie fédérale en S et TNote de bas de page 11, fait remarquer que le soutien du public à l'égard de la recherche fondamentale est justifié par le fait que les avantages pour la société sont importants.

L'ICRA répond au besoin continu pour la recherche fondamentale par l'élaboration et la gestion de programmes de recherche conçus à atteindre les percées du savoir. Ces programmes sont axés sur les principaux enjeux, lesquels sont susceptibles de contribuer à l'amélioration des retombées socioéconomiques, environnementales et en matière de santé pour les Canadiens. Les percées du savoir peuvent mener à des découvertes, des inventions et des applications qui jouent un rôle important dans le but de favoriser l'innovation technologique et sociale.

La recherche fondamentale appuyée par l'ICRA est en majeure partie harmonisée avec la « recherche fondamentale orientée », laquelle « est menée en s'attendant à ce qu'elle produise un vaste éventail de connaissances susceptibles de former le fondement de la solution aux problèmes et possibilités reconnus ou attendus, actuels ou prospectifsNote de bas de page 12  ». Par exemple, la recherche effectuée dans le programme Évolution du système terrestre, contribue aux reconstitutions historiques des conditions climatiques qui visent à stimuler l'efficacité prédictive des modèles relatifs au climat dans le contexte des changements climatiques sur la scène mondiale, et les chercheurs dans les programmes liés aux Institutions, organismes et à la croissance étudient les « divers facteurs qui influent sur l'intégration, les attitudes culturelles et les idéologies » qui permettraient de s'attaquer aux questions qui ont rapport à l'immigration et à la diversité.

Quelques programmes de recherche de l'ICRA appuient également l'exécution des « recherches fondamentales » poussées plus loin, tel que le programme Cosmologie et gravité qui vise à améliorer notre compréhension de l'histoire et la composition de l'univers dans lequel nous vivons. Cette recherche est menée sans applications précises ou utilisation en vue. D'autres programmes de recherche mettent davantage l'accent sur la « recherche appliquéeNote de bas de page 13  ». Par exemple, les programmes Nanoélectronique et Calcul neuronal et perception adaptative comportent la recherche relative aux applications techniques, y compris la création de nanomatériaux nouveaux qui pourraient être utilisés par l'industrie de l'électronique et les nouveaux algorithmes et modèles possédant des applications en regard des dispositifs intelligents tels que les systèmes de surveillance en matière de sécurité.

Les résultats de la recherche menée par l'ICRA visent à mener à « l'innovation sur la façon d'aborder les questions centrales que se pose l'humanitéNote de bas de page 14  ». Ce type de recherche est, en général, positionné au début des voies en matière d'innovation (c.-à-d. effectuer des recherches menant à des découvertes et des inventionsNote de bas de page 15). Le délai concernant l'utilisation pratique, l'adoption de nouvelles idées ou l'application commerciale des résultats de la recherche du travail en question est souvent (mais ce n'est pas toujours le cas) sur une base à long terme et comporte plusieurs étapes supplémentaires et comprend des intervenants dans le domaine des S et T et des voies en matière d'innovationNote de bas de page 16. En outre, compte tenu de la nature des explorations scientifiques aux frontières de la recherche, les résultats d'un tel travail sont imprévisibles et les utilisations et retombées éventuelles peuvent être à caractère direct ou indirect. Par conséquent, les principaux modèles actuels montrent les voies en matière d'innovation des S et T qui mèneront à la création de valeur comme étant non linéaire, des processus complexes qui comprennent des intrants et des activités offerts par les divers intervenants (établissements, secteurs) et régis par les multiples commentaires (positifs et négatifs)Note de bas de page 17,Note de bas de page 18,Note de bas de page 19.

Dans le but d'évaluer si la conception et les caractéristiques du modèle de recherche de l'ICRA continuent de s'appuyer sur la théorie et la pratique actuelles visant à faciliter les percées du savoir, une analyse documentaire a été réalisée. L'analyse a confirmé que le modèle de recherche de l'ICRA comprend plusieurs caractéristiques, lesquelles sont reconnues comme importantes aux fins de facilitation de la recherche de pointe. Ces caractéristiques comprennent notamment : 

  • Soutien financier à long terme pour la recherche générale :  l'ICRA fournit un soutien financier annuel aux chercheurs dans le cadre de la recherche générale qui n'est pas liée à un projet en particulier (p. ex., l'aide salariale directe, les coûts liés à l'allègement de la charge d'enseignement et l'appui à l'égard des étudiants aux cycles supérieurs et du financement postdoctoral). Les chercheurs peuvent avoir accès à ce financement au cours d'une période de cinq ans (ou plus longue si le programme est renouvelé) et le combiner aux autres sources de financement. Des études récentes ont confirmé que le financement exploratoire à long terme, combiné à la variété des mécanismes de financement, est mieux adapté à la recherche originale habilitante à fort impactNote de bas de page 20. De plus, une continuité du financement à long terme est nécessaire afin d'établir des collaborations interdisciplinaires innovatrices de grande envergureNote de bas de page 21,Note de bas de page 22 .
  • Collaboration interdisciplinaire facilitée et orientée : Les programmes de recherche de l'ICRA sont axés sur des « questions prédominantes » et le processus de recherche est facilité par le personnel de l'ICRA (les réunions ordinaires p. ex.) et une supervision plus officielle, et des mécanismes consultatifs (p. ex., les comités consultatifs). Ces caractéristiques concordent avec les facteurs déterminés comme contribuant à la recherche créativeNote de bas de page 23. La documentation souligne également le domaine rempli de défis au sein duquel collabore l'ICRA, nommément, la complexité relative à l'élaboration de programmes interdisciplinaires qui permettent de réaliser l'excellence académique, d'échapper aux frontières disciplinaires et de remplir une mission de la sociétéNote de bas de page 24,Note de bas de page 25.
  • Collaborations internationales :  l'ICRA identifie et allie les chefs de file du milieu de la recherche du Canada et de l'étranger et apporte également du soutien au programme pour les membres des programmes affiliés à des établissements à l'étranger. Cela est harmonisé avec les constatations de l'analyse documentaire laquelle montre la nécessité de la collaboration à l'échelle mondiale visant à améliorer la qualité de la recherche scientifique afin de relever des défis importants de portée mondiale de façon plus efficace et efficiente et, de manière plus générale, retirer un maximum d'avantages des activités liées à la rechercheNote de bas de page 26.

Par l'intermédiaire de ses programmes de recherche et de ses activités, l'ICRA répond également au besoin qui a pour objet de favoriser l'innovation et de procurer des retombées socioéconomiques aux Canadiens en contribuant aux efforts visant à attirer et à former du personnel hautement qualifié. La formation des diplômés spécialisés compétents a été jugée comme un moyen important grâce auquel les retombées de la recherche profitent à la société et à favoriser l'innovation. L'ICRA contribue à cultiver la prochaine génération de chercheurs au Canada au moyen d'activités par rapport à l'appui de la formation en début de carrière. Ces activités comprennent l'élaboration de programmes en regard d'études supérieures (ateliers d'hiver et d'été), le programme Chercheurs mondiaux et les investissements destinés aux étudiants aux cycles supérieurs et aux boursiers postdoctoraux, réalisés par l'entremise du financement accordé à leurs membres des programmes de surveillance ainsi que les possibilités de participer aux réunions ordinaires des membres des programmes de l'ICRA.

3.1.2  L'ICRA respecte-t-il les priorités du gouvernement fédéral et les objectifs stratégiques d'Industrie Canada?

Principale constatation :  l'appui apporté à l'ICRA cadre avec les priorités du gouvernement fédéral concernant l'appui en matière de recherche fondamentale ainsi qu'avec l'attraction, la formation et le maintien des chercheurs tels qu'énoncés dans la Stratégie fédérale des S et T de 2007. Ces priorités ont été réaffirmées dans les discours du Trône et les budgets fédéraux subséquents. Les programmes de l'ICRA cadrent également avec les objectifs stratégiques d'Industrie Canada.

En 2007, le gouvernement a établi son programme de travail dans le but d'appuyer les sciences et la technologie en présentant sa Stratégie des sciences et de la technologie (Stratégie des S et T). Dans le cadre de cette Stratégie, le gouvernement du Canada a manifesté son intention de favoriser trois avantages distincts en S et T au Canada : un avantage entrepreneurial, un avantage du savoir et un avantage humain.

Dans le passé, l'ICRA a été harmonisé avec l'avantage du savoir et l'avantage humain de la Stratégie des S et TNote de bas de page 27. L'avantage du savoir se fonde sur la prémisse que les Canadiens doivent se positionner à la fine pointe des travaux importants qui engendrent des retombées pour la santé, l'environnement, la société et l'économie. L'approche de l'ICRA est destinée à appuyer cet avantage alors qu'il cherche à aborder les questions qui revêtent une importance mondiale qui mèneront à des percées, lesquelles auront une incidence positive sur le Canada et le monde. L'ICRA offre aux chercheurs canadiens la possibilité de collaborer avec les chercheurs et les établissements de réputation internationale dans l'examen et l'évaluation des questions qui revêtent une importance d'ordres scientifique, économique et social envers le Canada. D'ailleurs, les programmes de recherche de l'ICRA sont soumis à des examens externes par un jury de pairs indépendant aux cinq ans afin de veiller à ce que les programmes continuent de mener des recherches novatrices et de pointe.

L'avantage humain se fonde sur la prémisse que le Canada doit être un aimant pour les personnes hautement qualifiées dont il a besoin pour prospérer dans l'économie mondiale d'aujourd'hui avec la main-d'œuvre la plus instruite, la plus compétente et la plus souple au monde. L'ICRA crée un tel avantage par l'accroissement des possibilités pour les personnes diplômées et en permettant d'attirer et de maintenir en poste des personnes hautement qualifiées dans les universités canadiennes. L'ICRA a, en particulier, fait savoir qu'il attire chaque année douze chercheurs hors pair en début de carrière au Canada et à l'étrangerNote de bas de page 28 qui sont intégrés aux programmes de l'ICRA (au fil des ans, 26 % d'entre eux était d'origine canadienne et 74 % était d'origine étrangère). On le reconnaît dans le rapport d'étape sur la Stratégie des S et T de 2009, lequel estime que l'ICRA est comme un organisme qui rassemble les chefs de file du milieu de la recherche du Canada et de partout dans le monde afin qu'ils puissent collaborer à des recherches de pointe et complexes.

Bien que la recherche menée par l'ICRA soit de nature fondamentale, elle apporte une certaine contribution en vue d'appuyer l'avantage entrepreneurial alors qu'elle « alimente l'innovation entrepreneuriale par son rayonnement international, ses partenariats industriels, ses dérivées institutionnelles, ainsi que ses activités et sa sensibilisation continuesNote de bas de page 29  ». Il convient de souligner les partenariats de l'Institut dans les domaines de la nanoélectronique, des sciences informatiques, de l'apprentissage machine, des matériaux et de l'informatique quantiques. Par exemple, les chercheurs au sein de l'ICRA ont mis au point une technologie et des algorithmes qui ont donné lieu à la collaboration et aux partenariats avec des entreprises de haute technologie (p. ex., Google) afin d'appuyer les applications possibles.

Les discours du Trône et les budgets subséquents ont réitéré l'engagement du gouvernement à ces priorités de la Stratégie des S et T et, précisément, à l'ICRA. Quelques exemples de ces références sont décrits dans le tableau 2 :

Tableau 2 — Appui du gouvernement en matière de recherche fondamentale relative à l'ICRA
Annonces Références à l'appui en matière de recherche fondamentale relative à l'ICRA
Discours du Trône de 2007 Le gouvernement appuiera les chercheurs et les innovateurs canadiens à développer et à commercialiser leurs idées grâce à la Stratégie canadienne en matière de sciences et de technologie.
Budget de 2007 Dans l'économie mondiale moderne, les nations qui réunissent le mieux sont celles qui arrivent à combiner de manière optimale les gens, les compétences, les idées nouvelles et les technologies de pointe afin de créer un avantage concurrentiel. Le Canada doit bien se positionner en vue d'assurer sa réussite dans ce nouvel environnement. C'est pourquoi nous investissons pour former la main-d'œuvre la plus scolarisée, la plus qualifiée et la plus souple au monde. En vue de créer un avantage du savoir au Canada, le budget de 2007 envisage de prendre des mesures, dont l'investissement de dix millions de dollars au cours des deux prochaines années dans l'Institut canadien de recherches avancées et permettre ainsi aux étudiants et aux chercheurs canadiens de participer à des travaux de recherche d'avant-garde sur la scène internationale.
Discours du Trône de 2008 Notre gouvernement sait pertinemment que, pour devenir plus compétitive, l'économie canadienne doit miser sur les progrès scientifiques et technologiques.
Discours du Trône de 2011 Afin d'accroître la productivité du Canada, d'augmenter sa compétitivité économique et d'améliorer notre niveau de vie, notre gouvernement continuera de miser sur des investissements ciblés pour promouvoir et encourager la recherche et le développement dans le secteur privé canadien ainsi que dans nos universités, nos collèges et nos écoles polytechniques.
Plan d'action économique de 2012 Le gouvernement soutien une économie innovatrice et la création d'emplois de haute qualité au moyen d'investissements dans l'éducation et la formation, la recherche fondamentale et la recherche appliquée, et l'application des connaissances en matière de recherche du secteur public au secteur privé.
Le Plan d'action économique de 2012 propose de verser dix millions de dollars sur deux ans (à l'ICRA) pour soutenir les liens entre des chercheurs canadiens et des chercheurs étrangers d'avant-garde.

L'architecture d'alignement de programmes (AAP) pour le Ministère démontre que les activités de l'ICRA sont censées contribuer aux objectifs stratégiques d'Industrie Canada en matière des progrès réalisés dans les domaines des sciences et de la technologie, des connaissances et de l'innovation qui renforcent l'économie canadienne dans le cadre de l'activité de programme : capacité dans les domaines des sciences, de la technologie et de l'innovation. La vision, la mission et les résultats attendus de l'ICRA (voir les sections 1.2 et 1.6 du présent rapport) sont conformes à cette activité de programme et à ce résultat stratégique. De plus, grâce à ses programmes de recherche, l'ICRA réalise manifestement des progrès en matière des sciences et de la technologie dans un nombre de domaines (et est d'ailleurs reconnu ses chercheurs qualifiés en poste dans ces domaines; voir les sections 3.1.1 et 3.2.2 du présent rapport), dont certains mènent à des innovations qui profiteront à l'économie canadienne de l'avenir.

3.1.3  Le soutien financier de l'ICRA cadre-t-il avec les rôles et responsabilités du gouvernement fédéral?

Principale constatation : Le soutien pour l'ICRA cadre avec les rôles et responsabilités du gouvernement fédéral dans le but d'encourager le développement dans le domaine des sciences et de la technologie. L'ICRA occupe un créneau au sein de l'écosystème canadien dans le domaine des S et T, offre une formule unique de mener les recherches fondamentale et appliquée, et promeut les travaux multidisciplinaires et le financement offert pour les chercheurs à l'échelle internationale et la collaboration.

Le mandat et les responsabilités d'industrie Canada, en ce qui a trait aux activités canadiennes dans le domaine des S et T et aux objectifs stratégiques, proviennent de la Loi sur le ministère de l'Industrie (L. C. 1995), paragraphe 4(1), et visent en particulier les « sciences au Canada ». L'article 5 précise que ces responsabilités consistent à favoriser « le plein essor des sciences et de la technologie et encourager leur utilisation optimale », de même que favoriser les sciences et la technologie au Canada. De plus, l'article 6 de la Loi précise que le ministre « fournit des services d'aide — et encourage et favorise la prestation de ces services — à l'industrie, aux sciences et à la technologie canadiennes et aux secteurs canadiens des biens et des services, ainsi qu'aux investissements dans ces domaines ». Les travaux effectués dans la recherche et l'innovation au sein de l'ICRA, de même que sa contribution relative au perfectionnement de personnel hautement qualifié, contribuent à la réalisation de ces tâches.

L'analyse documentaire met en lumière le rôle que joue le gouvernement quant à l'appui à la recherche et à l'innovation. Les documents de politique ayant trait aux S et T et qui donnent un aperçu de la justification pour un tel appui ont été examinés dans de multiples administrations, y compris le CanadaNote de bas de page 30, les États-UnisNote de bas de page 31, l'AustralieNote de bas de page 32, le JaponNote de bas de page 33, l'OCDENote de bas de page 34 et l'EuropeNote de bas de page 35. Ces énoncés de la politique et recommandations déterminent tous le rôle clé en ce qui concerne l'appui du secteur privé, directement et indirectement, relativement à la recherche et l'innovation afin de veiller à ce que le pays ou la région vise une économie qui est forte et compétitive. En outre, plusieurs mettent l'accent sur les principales priorités, l'excellence, les personnes et l'« ouverture » (y compris la coopération et la collaboration internationalesNote de bas de page 36.

Alors qu'un examen détaillé de la justification théorique pour l'appui des Canadiens à l'égard des S et T déborde le cadre du présent examen, des études récentesNote de bas de page 37 ont souligné un certain nombre de justifications utilisées pour ce qui est des S et T et des politiques en innovation, lesquelles peuvent avoir une influence sur l'objectif et le type d'intervention et d'instruments de politique utilisé. Par exemple, la justification traditionnelle (néoclassique) pour le financement public des S et T est de corriger les « déficiences du marché ». Cela est fondé sur l'hypothèse selon laquelle les entreprises ont des motivations limitées à investir dans les S et T — notamment dans la recherche fondamentale — en raison des problèmes, de l'incertitude et du retard gestationnel (c.-à-d. le temps écoulé de la découverte à l'application) menant à l'appropriation du rendement de l'innovation, lesquels produisent des niveaux sous-optimaux de l'innovation. D'autre part, les connaissances (en matière d'information ou de technologie) produites par la recherche détiennent plus de valeur à titre de biens publics plutôt qu'à titre de biens privés contrôlés par des intérêts personnelsNote de bas de page 38. Plus récemment, les théories évolutionnaires ont été appliquées à l'enjeu afin de comprendre le rôle et l'interaction des appuis public et privé pour les S et T. Ces approches adoptent généralement une perspective plus large de façon qu'elles estiment que les activités en matière de S et T offrent des retombées économiques de plus grande portée que simplement par l'entremise de la production de connaissances (en matière d'information ou de technologie).

En ce qui a trait au contexte canadien, l'aspect essentiel que revêt l'appui du gouvernement pour la recherche fondamentale était clairement indiqué dans le rapport du Groupe d'experts qui fait l'examen de l'appui du gouvernement fédéral relativement à la R-D (aussi appelé le rapport de Tom Jenkins)Note de bas de page 39 : 

Les gouvernements fédéral et provincial jouent un rôle de premier plan dans la promotion d'un climat économique qui encourage l'innovation dans les entreprises — par exemple, par le soutien en regard à la recherche fondamentale et la recherche appliquée et la formation relative de personnes compétentes et hautement qualifiées […] les secteurs du gouvernement et de l'enseignement supérieur sont des intervenants clés dans le système d'innovation du Canada et complètent le rôle de l'entreprise.

La recherche fondamentale menée par les universités et d'autres laboratoires engendre des technologies perturbatrices qui donnent accès à de toutes nouvelles industries. […] Étant donné le rôle fondamental que joue le domaine de l'éducation postsecondaire solide dans le système canadien en matière d'innovation, ce groupe (tout comme le Groupe d'experts en commercialisation le précédant) exhorte le gouvernement à s'engager à investir dans la recherche fondamentale à de hauts niveaux de calibre international et également à examiner et moderniser le soutien pour les coûts qui relèvent du budget de la recherche.

Les principales organisations du gouvernement fédéral engagées en matière de financement et d'appui pour la recherche envers les établissements d'enseignement postsecondaire sont la Fondation canadienne pour l'innovation (FCI) et les trois organismes subventionnaires, dont le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada (CRSNG), le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada (CRSH) et les Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC). La FCI appuie l'infrastructure pour la recherche dans tous les domaines alors que les organismes appuient la recherche respectivement dans les domaines des sciences et du génie, des sciences humaines et de la santéNote de bas de page 40. De plus, il existe des programmes conjoints des « trois organismes », tels que les Réseaux de centres d'excellence (en partenariat avec Industrie Canada), le Programme des chaires de recherche du Canada, et autres. Entre-temps, la sous-activité Partenariats en Sciences et en technologie d'Industrie Canada appuie les deux organismes qui mènent des activités de recherche et les autres qui offrent des services de recherche (c.-à-d., la société CANARIE inc., l'Institut de l'informatique quantique [IIQ], le Centre international Ivey pour l'innovation en santé, le périmètre, le Conseil des académies canadiennes [CAC]). La sous-activité comprend également plusieurs tierces parties, des organismes à but non lucratif qui administrent le financement aux « bénéficiaires initiaux », notamment les établissements de recherche et les chercheurs (c.-à-d. l'ICRA, Génome Canada, Mitacs, la Fondation Pierre Elliot Trudeau). Un certain nombre d'autres ministères et organismes fédéraux ont également des responsabilités en ce qui a trait aux S et T et aux activités liées à l'innovation, créant un « écosystème » de nature complexe en matière des sciences et de la technologie.

Au sein de l'écosystème fédéral, le modèle de recherche de l'ICRA est unique et achève les programmes offerts par d'autres organismes. Par exemple, l'ICRA est le seul organisme canadien permettant du soutien financier ainsi que d'autres types de soutien afin de mettre en œuvre un éventail de programmes de recherche comprenant des équipes interdisciplinaires à l'échelle internationale. La capacité du programme à financer les chercheurs étrangers et à les faire prendre part pleinement à des projets de recherche, plutôt qu'avoir à obtenir des fonds d'autres sources à se joindre aux travaux pertinents par rapport aux priorités du Canada, offre un engagement intensifié parmi les équipes de recherche.

En outre, l'ICRA appuie une combinaison de différentes méthodes de recherche (c.-à-d. la recherche fondamentale et la recherche appliquée) et dirige l'étude portant sur le large éventail de questions clés couvrant les domaines de la santé et des sciences humaines et naturelles. La facilitation de ces travaux permet l'accroissement de la longueur des échéanciers accordés aux projets, autorisant un projet d'étude plus poussée et offrant des résultats plus costauds. Dans de nombreux autres cas, les programmes de recherche concertée ciblent explicitement les résultats dans un terme relativement court. Par exemple, les RCE sont nécessaires pour regrouper des partenaires dans d'autres secteurs (c.-à-d. les organismes fédéraux et provinciaux, les organismes non gouvernementaux et les participants du secteur privé) et le critère d'évaluation du Programme des RCE spécifie : « On s'attend à ce que les RCE apportent des avantages socioéconomiques en assurant une circulation rapide des idées et des innovations des chercheurs aux récepteurs canadiensNote de bas de page 41 . ».

La prestation d'un large éventail de services de soutien par l'ICRA envers ses programmes de recherche, y compris la gouvernance, le réseautage, la mobilisation des connaissances, la communication et la formation de nouveaux chercheurs, est également unique en son genre. Par exemple, le programme Chercheurs mondiaux (anciennement l'Académie pour jeunes boursiers) offre le paiement des bourses, la collaboration et les possibilités de mentorat avec des chercheurs expérimentés, de même que la participation continue aux réunions annuelles de l'Académie mondiale sur trois ans à la suite de la bourse accordée. De plus, les membres des programmes tiennent des réunions en personne deux ou trois fois par année, et les coûts d'interaction relatifs sont couverts par l'ICRA.

Grâce à ces mesures et à d'autres encore, l'ICRA occupe un créneau au sein de l'écosystème canadien en S et T, en présentant approche qui se démarque des autres, visant à mener à la recherche fondamentale et la recherche appliquée ainsi que promouvoir les travaux multidisciplinaires et la collaboration internationale.

3.2 Rendement

3.2.1 Dans quelle mesure la recherche appuyée par l'ICRA a-t-elle contribué à renforcer la recherche interdisciplinaire dans des domaines importants pour le développement scientifique, économique et social à long terme au Canada?

Principale constatation  : l'ICRA a réussi à choisir et à soutenir les équipes qui ont apporté une contribution et ont joué un rôle essentiel afin de renforcer la recherche interdisciplinaire. De plus, l'emploi et l'application des résultats de la recherche entraînent des incidences sociales et économiques. Des mesures de rendement plus robustes sont exigées afin d'évaluer l'efficacité des plateformes de partage des connaissances de l'ICRA.

L'ICRA réunit des scientifiques et des chercheurs, de disciplines distinctes, reconnus mondialement pour qu'ils puissent tenir compte des questions complexes qui revêtent une importance mondiale et qui concernent directement le Canada. On s'attend à ce que la recherche menée grâce à ces collaborations interdisciplinaires contribue au développement scientifique, économique et social à long terme au Canada. L'incidence possible de la recherche de l'ICRA dans ces domaines est en partie dépendante de la dissémination et de l'échange des résultats de la recherche. Par conséquent, trois domaines ont été examinés : la force des équipes de recherche de l'ICRA; la mesure dans laquelle les résultats de la recherche entraînent des incidences sociales et économiques; l'efficacité des plateformes de partage des connaissances de l'ICRA.

La force des équipes de recherche de l'ICRA

Le regard que porte l'organisme sur la recherche interdisciplinaire, combiné à son processus de sélection par rapport aux questions de recherche, a mené à des réalisations ainsi qu'à la reconnaissance à l'échelle internationale dans des domaines qui revêtent une importance pour le développement scientifique, économique et social à long terme au Canada.

D'après les citations, les données recueillies auprès des indicateurs scientifiques essentiels de Thomson ReutersNote de bas de page 42 démontrent qu'au cours de la période de 2002 à 2012, 43,1 % des boursiers et des associés de recherche de l'ICRA ont été classés dans le palier supérieur de 1 % dans leur domaine. Dans certains programmes, tels que le programme Développement du cerveau et de l'enfant (anciennement connu sous le nom Développement cérébral et biologique fondé sur l'expérience) et le Programme de biodiversité microbienne intégrée, 100 % des chercheurs éminents canadiens se situent dans la tranche supérieure de 1 %.

La force des chercheurs de l'ICRA a en outre été favorisée par leur capacité de collaborer avec des experts de partout dans le monde dans diverses disciplines. Un Groupe externe d'examen par les pairs (voir la description du processus à la section 1.3) a remarqué de façon unanime la force interdisciplinaire des programmes de recherche de l'ICRA ainsi que la grande valeur des relations collégiales entre les chercheurs de différentes disciplines. Le Groupe du programme portant sur les interactions sociales, l'identité et le bien-être, souligne notamment :

À la suite de la lecture d'exemples de documents de recherche produits par les membres du Groupe et d'entrevues menées avec eux en deux jours, nous avons convenu qu'aucun d'entre-nous n'avait jamais vu une collaboration dans le domaine universitaire comprenant un aussi grand nombre de personnes d'un tel calibre collaborer avec tant d'enthousiasme. La collégialité et le dévouement du groupe sont impressionnants à la lumière de sa diversité, laquelle comprend des chercheurs de contextes et d'étapes de carrière remarquablement différents.

Les déclarations des neuf groupes de 2007 à 2011 ont indiqué que les programmes examinés ont porté leurs fruits et ont indiqué également que les équipes de recherche ont dirigé leurs domaines à l'échelle internationale. Par exemple, le Groupe concernant le Programme réseaux génétiques note qu'« Aucun autre groupe dans le monde ne concurrence l'équipe des réseaux génétiques de l'ICRA dans l'analyse des interactions génétiques à plusieurs niveaux. Il s'agit d'un défi de transition des génétiques issu du XXIe siècle. Le Canada est le premier pays dans ce domaine grâce à cette équipe et tout porte à croire qu'il en sera ainsi si son fondement est suffisant. » Le Groupe a d'ailleurs noté que la recherche attire un grand nombre de collaborateurs de partout au monde.

Les travaux exécutés par d'autres programmes de recherche étaient réputés représenter les « réalisations exceptionnelles » et d'ailleurs réputés essentiels à l'enquête nord-américaine. Les groupes, de façon générale, ont recommandé que la recherche fructueuse soit signalée afin que les travaux interdisciplinaires et collaboratifs que l'ICRA a pour but de favoriser soient propagés davantage. Les entrevues en ont fait écho en soulignant que l'ICRA permet le réseautage entre les experts qui ne pourrait pas avoir lieu autrement, et que le Programme regroupe les chercheurs éminents de partout au monde au Canada dans le but qu'ils se réunissent afin de discuter des sujets de recherche approuvés par l'organisation.

Selon les résultats de l'enquête de la vérification de l'évaluation et du rendement de 2010, ces travaux concertés sont considérés comme très précieux par les membres. La recherche menée par l'ICRA dans les domaines des sciences naturelles et sociales est perçue comme ayant une reconnaissance accrue dans d'autres pays et le modèle du programme, auquel participent des chercheurs de haut calibre internationalement, est responsable d'avoir permis au programme la reconnaissance à l'échelle mondiale entre les différents domaines disciplinaires. La preuve de cette reconnaissance est établie dans le nombre de distinctions honorifiques conférées chaque année par les membres de l'ICRA. Comme exemple, d'après le Rapport sur le rendement annuel en 2011-2012, les chercheurs de l'ICRA ont reçu plus de 76 prestigieux prix ou reconnaissances de calibre national ou international évalués par les pairs au cours de l'année.

Incidence de la recherche menée par l'ICRA

L'ICRA s'efforce de faire en sorte que ses projets de recherche demeurent pertinents aux yeux du Canada grâce à ses processus de sélection de projets. Plus particulièrement, l'un des critères de l'ICRA en matière d'approbation de projet auquel on s'attend consiste à mener à des « percées, lesquelles auraient des incidences positives au Canada et dans le monde. »

Les principales réalisations de l'organisation, telles que des découvertes se traduisant par des progrès scientifiques et des innovations, prouvent que la recherche appuyée par l'ICRA contribue à des incidences positives socioéconomiques alors que les résultats sont employés à l'extérieur du forum de recherche. Les personnes interrogées ont mentionné que les domaines de recherche sur les plans de la santé, de la cosmologie et de la physique quantique ont été renforcés à l'aide de l'ICRA. En outre, elles précisent que les programmes liés à l'ICRA ont une incidence sur les développements scientifique et socioéconomique au Canada. Par exemple, le modèle sur l'interaction neuronale au sujet du fonctionnement du cerveau, confectionné par le programme Calcul neuronal et perception adaptative, a permis d'élaborer les fonctions de reconnaissance de configuration que la société Microsoft applique désormais aux téléphones cellulaires ainsi qu'à d'autres applications commerciales.

Bien qu'il soit fondé sur la recherche fondamentale, l'ICRA produit de même des biens relatifs à la propriété intellectuelle, laquelle profite directement au Canada sous forme de sociétés dérivées et de progrès dans les soins de santé. Par ailleurs, quelques programmes de recherche ont eux-mêmes exercé une influence dans leur domaine respectif. Par exemple, le Programme entreprises, organisations et croissance, mis sur pied en 2004, a apporté des contributions fondamentales à la compréhension, dont les traits distinctifs qui caractérisent les sociétés et qui créent des milieux propices aux investissements dans le capital physique et humain, de même que dans la R-D, ce qui explique l'écart restant dans les taux d'accroissement d'un pays à l'autre et dans le temps. Le programme offre des renseignements importants sur le rôle des progrès technologiques par la justification de l'important écart entre les pays dans les niveaux et les taux de croissance du revenu par habitant.

Le programme Sociétés réussies cherche à mieux comprendre la façon dont les relations sociales qui influent les capacités des personnes et des collectivités en ce qui a trait aux mesures efficaces, lesquelles sous-tendent le développement collectif aux échelons national et local, alors que le programme Développement du cerveau et de l'enfant réalisait des progrès importants liés à la compréhension de l'importance d'un développement des jeunes enfants et de ses effets auprès des résultats en matière de santé et de développement tout au long de la vie d'une personne. Ces constatations peuvent avoir des effets considérables sur l'élaboration d'une politique sociale au Canada.

L'ICRA contribue également dans une certaine mesure dans les domaines du savoir aux applications commerciales. Quelques exemples ayant rapport aux éléments susmentionnés sont énoncés dans le tableau 3.

Tableau 3 : Exemples en matière de commercialisation de la recherche relative à l'ICRA
Programme/progrès en matière de commercialisation
Nanoélectronique
Le programme Nanoélectronique est à l'origine des brevets avant-gardistes fondés sur deux nouvelles catégories de nanomatériaux, soit les organosiliciés mésoporeux périodiques (OMP) et les cristaux photoniques (CP). Ces travaux exécutés sur la plateforme des CP ont favorisé la création d'Opalux inc., une entreprise dérivée de l'Université de Toronto. Trois plateformes en couleurs relevant de la technologie photonique sont en développement de produit actif, accompagnées de partenaires industriels stratégiques au Canada et à l'étranger — on s'attend à ce que les billets de banque interactifs de l'utilisateur, l'affichage rétroréfléchissant dynamique en couleurs, les dispositifs de sécurité et les capteurs chimiques et biologiques fassent leur apparition d'ici un an.
Calcul neuronal et perception adaptative
Le programme Calcul neuronal et perception adaptative a commencé, depuis l'année dernière, à remplacer les modèles à mélange gaussien avec les réseaux de neurones profonds élaborés par les membres du programme, puisque les groupes de recherche qui dirigent les discours dans les sociétés Microsoft, Google et IBM ont montré que ces réseaux sont considérablement plus précis. Par exemple, la version 4.1 du nouveau Android utilise un réseau de neurones profond alors que son modèle acoustique et que Microsoft ont également déployés cette nouvelle approche pour la recherche de voix. De même, une équipe en provenance de ce programme a remporté le grand prix dans un concours commandité par la société Merck pour l'utilisation de ce logiciel dans le but de faciliter la découverte de médicamentsNote de bas de page 43.
Traitement de l'information quantique
Le programme Traitement de l'information quantique a collaboré avec Développement communautaire Canada (Comdev), un concepteur de calibre mondial et un fabricant d'engins spatiaux situé à Cambridge en Ontario, et avec l'Institut National d'Optique (INO), situé à Québec, fondé sur les concepts optiques pour les applications au sol et spatiales. Un membre du programme démontre un modèle de satellite quantique résultant de cette collaboration à la conférence de l'AAPS de 2012 à VancouverNote de bas de page 44
Partage des connaissances

La contribution de l'ICRA en regard du développement socioéconomique du Canada est assurée au moyen de la dissémination et de l'échange des résultats de la recherche. À cet égard, l'ICRA organise chaque année un nombre d'activités qui rassemblent les chercheurs de l'ICRA, de même que les publics et les auditoires cibles provenant des entreprises, du gouvernement, des ONG et d'autres, de manière interactive, afin de favoriser le partage des connaissances et de mettre en valeur les recherches que l'ICRA mène pour la société. De 2007 à 2012, l'ICRA a organisé ou coparrainé dix-sept activités de partages des connaissances.

Un exemple d'une activité récente comprend le « symposium annuel : la nouvelle science du développement de l'enfant », lequel a eu lieu en novembre 2012. L'ICRA et la Société royale du Canada (SRC) ont présenté un symposium d'une journée sur le thème la nouvelle science du développement de l'enfant qui examine les facteurs à facettes multiples façonnant les domaines de la santé, de l'éducation et du bien-être psychologique des enfants. Un autre exemple est la soirée du Cercle de l'innovation qui a eu lieu en mars 2013. L'activité intitulée Pourquoi les pays échouent : les origines du pouvoir, de la prospérité et de la pauvreté, comprenait un débat centré sur l'optique divergente sur les raisons du fait que l'écart entre les pays riches et les pays pauvres dans le monde continue de s'agrandir.

Il est possible d'examiner plus en profondeur la participation des membres des programmes de l'ICRA généralement en matière d'activités de partage des connaissances. Par exemple, l'ICRA indique que 162 membres des programmes ont signalé la mobilisation active des connaissances et la sensibilisation du public, et que se trouvent 1 190 invitations à prononcer un discours aux réunions internationalesNote de bas de page 45. En outre, l'ICRA publie le Reach Magazine, disponible en ligne, qui souligne les réalisations des chercheurs de l'ICRA. La revue est publiée environ trois fois par année et est distribuée à plus de 4 200 exemplaires.

Bien qu'on puisse facilement démontrer, avec exemples à l'appui, qu'il existe un nombre d'activités continues en matière de partage des connaissances, il est toutefois impossible de pleinement faire rapport de leur efficacité et de leur incidence sans données supplémentaires. L'élaboration des mesures de rendement conçues afin de saisir l'incidence et la valeur de ces activités à l'intention des participants et des usagers des mécanismes de partage des connaissances aiderait à établir la mesure du succès de l'ICRA dans ce domaine.

3.2.2  Le rayonnement de l'ICRA à l'échelle internationale encourage-t-il le maillage des activités des chercheurs canadiens et étrangers?

Principale constatation : le degré de mobilisation internationale compris dans les programmes de l'ICRA a augmenté au cours des cinq dernières années. Durant cette période, LICRA a été affecté à un nombre d'activités de rayonnement à l'échelle internationale, lesquelles comprennent des mesures qui visent notamment à participer à des forums universitaires, à effectuer des visites à l'étranger et à organiser des activités interactives. Bien que les preuves indiquent que ces activités ont contribué à augmenter le rayonnement de l'ICRA à l'échelle internationale, les renseignements supplémentaires au sujet de l'efficacité des diverses activités de rayonnement de l'ICRA nécessiteront pourtant des mesures de rendement plus robustes.

Les résultats des liens plus étroits établis entre les activités de recherche des chercheurs canadiens et des chercheurs étrangers se trouvent dans la démographie des membres des programmes. Ils ont rassemblé les membres et les conseillers des programmes en provenance de 13 pays en 2007 et de 16 pays en 2012, représentant 29 entreprises au Canada et 75 autres de calibre international. Cet engagement international est éminent lorsqu'il s'agit de composer des programmes avec les membres, puisqu'en 2011-2012, 39 % d'entre eux était de fondement international et 48 % était de nouveaux membres de l'extérieur du Canada.

Un total de 99 membres internationaux (30 % de l'ensemble des membres) travaille dans des établissements aux États-Unis. Le Royaume-Uni est le deuxième plus grand collaborateur avec 13  chercheurs (4 % de l'ensemble des membres). Les autres pays possèdent trois membres des programmes ou moins. L'ICRA est également informé par un nombre important de participants internationaux, dont 79 % des membres du Comité consultatif provient d'autres pays.

Le programme a amorcé des activités de rayonnement à l'échelle internationale par l'intermédiaire de visites dans d'autres pays, d'efforts concertés et au moyen de la participation aux forums universitaires depuis plusieurs années. L'ICRA participe également à des partenariats canadiens afin de mieux refléter les capacités de recherche du Canada et d'attirer l'attention sur la scène internationale.

Alors que le programme ne recueille pas d'information pour mesurer l'incidence de ces activités, l'évaluation a, en ce qui la concerne, produit des preuves dirigées vers des pratiques efficaces. Comme exemple, au cours des dernières années, l'ICRA a travaillé à renforcer ses relations à l'extérieur du pays, en particulier avec les pays de l'Inde et de la Chine. En octobre 2008, le programme a effectué une série de visites dans les organismes de recherches avancées de l'Inde et a collaboré avec l'Institut de physique de l'académie scientifique chinoise à un atelier de trois jours à Beijing en 2010. L'atelier a réuni sept chercheurs des programmes Nanoélectronique et Matériaux quantiques de l'ICRA avec leurs homologues à l'Institut de physique, duquel un nombre de chercheurs a depuis été invité à prendre part aux réunions des programmes de l'ICRA. Des plans sont en cours afin d'offrir aux étudiants sous la supervision des deux Instituts de physique, et aux chercheurs de l'ICRA, des occasions d'apporter une certaine collaboration à leurs laboratoires d'accueil pour de courtes visites.

De plus, en 2011-12, l'ICRA a tenu un nombre d'activités visant à accroître l'interaction entre les chercheurs canadiens et leurs pairs à l'échelle internationale. Cela comprenait l'organisme du Colloque de Sackler échelonné sur deux jours et commandité par l'Académie nationale des sciences des États-Unis en décembre 2011 sur l'intégration biologique de l'adversité sociale anticipée, dont les résultats ont été publiés dans le Proceedings of the Academy et présente un nombre de chercheurs canadiens. Cela comprenait également l'importante participation des membres des programmes à la réunion de l'Association américaine pour le progrès de la science de 2012 qui s'est tenue à Vancouver, avec l'ICRA en partenariat avec plus de 30 organisations canadiennes, y compris les ministères du gouvernement fédéral afin de souligner l'engagement du Canada relativement aux sciences et à l'innovation.

Des analyses supplémentaires sur le rendement de l'ICRA dans ce domaine seront rendues possibles en élaborant des mesures de rendement en vue de suivre le continuum des activités visant à forger de nouvelles relations et les résultats à long terme de ces activités.

3.2.3 Dans quelle mesure l'ICRA a-t-il été capable d'améliorer les processus de préparation, d'attraction et de maintien en poste de personnel hautement qualifié (PHQ) au Canada?

Principale constatation : L'ICRA contribue à préparer des étudiants aux cycles supérieurs et des boursiers postdoctoraux en engageant leur participation aux programmes de l'ICRA à un niveau semblable à celui des membres des programmes et par le biais de la supervision d'étudiants aux cycles supérieurs et de boursiers postdoctoraux effectuée par les membres des programmes. Dans plusieurs circonstances, les stagiaires et les membres sont recrutés au Canada à la suite de leur engagement avec l'ICRA. Dans une certaine mesure, l'organisation a renforcé l'attraction et le maintien en postes de personnel hautement qualifié par la collaboration internationale offerte à un niveau qui est difficile à trouver ailleurs.

L'ICRA vise à développer un milieu de recherche solide au Canada en sensibilisant de jeunes chercheurs en regard de ses programmes. À cette fin, l'ICRA a mis sur pied, en 2008, l'académie pour jeunes boursiers, désormais nommé le programme Chercheurs mondiaux de l'ICRA, qui comprend 24 jeunes boursiers, et qui vise à appuyer et à souligner la présence de jeunes chercheurs talentueux provenant de pays distincts. Ces personnes, dont la plupart sont réparties dans des universités canadiennes, prennent part aux activités de l'ICRA d'une manière semblable à celle des membres, qui consistent notamment à assister aux réunions des programmes de recherche, à interagir et à collaborer avec les membres des programmes et à participer aux activités particulières organisées par l'académie pour jeunes boursiers.

Dix-huit anciens chercheurs mondiaux, en date du , occupent maintenant des postes à temps plein à titre de membres du corps professoral de l'université ou à titre de chercheurs scientifiques professionnels, démontrant la valeur de l'académie en ce qui a trait à la contribution à la recherche à plus long terme au Canada. Trois autres anciens chercheurs, en particulier, étaient déjà des membres du corps professoral durant toute la durée de leurs mandats au sein du programme Chercheurs mondiauxNote de bas de page 46. L'ICRA remarque que quelques anciens chercheurs mondiaux ont été promus à titre de membres des programmes.

L'ICRA appuie également la formation de personnel hautement qualifié au Canada par l'entremise de la supervision des étudiants aux cycles supérieurs. En 2011-2012, les membres des programmes de l'ICRA ont supervisé 1 165 étudiants aux cycles supérieurs (desquels 208 ont été diplômés et titulaires d'un doctorat au cours de l'année) et 449 boursiers postdoctorauxNote de bas de page 47 . Dans une enquête effectuée en 2010 au sujet des membres de l'ICRA, plus de 65 % d'entre eux étaient d'avis que l'ICRA exerçait une influence positive notable sur la qualité de la formation qu'il offrait aux étudiants aux cycles supérieurs et aux boursiers postdoctorauxNote de bas de page 48.

Outre le développement des jeunes chercheurs, l'ICRA a également pour but d'attirer et de maintenir en poste du personnel hautement qualifié de partout dans le monde. L'ICRA indique que 69 membres des programmes ont été mobilisés au Canada depuis 1982 et 13 autres depuis 2007. Entre 2010 et 2012, sept membres des programmes, en provenance d'universités américaines (p. ex., Harvard, MIT et Berkeley) ont été attirés au Canada et sept autres, ayant obtenus des offres à l'étranger, ont décidé d'y rester. Alors que ses chiffres peuvent sembler peu élevés par rapport aux autres chiffres de l'ICRA concernant le nombre de chercheurs, il est important de tenir compte que ces personnes comprennent des chercheurs de renommés mondiale, parmi lesquels deux ont été titulaires de chaire d'excellence en recherche du Canada. Ces personnes sont intégrées dans la demande mondiale en matière de recherche et peuvent avoir décroché des postes dans d'autres universités prestigieuses dans d'autres endroits. De telles décisions, qui comprennent le choix de venir au Canada ou d'y rester, reflètent en partie l'image internationale de l'ICRA dans le milieu mondial de la recherche, ainsi que la qualité et la notoriété de la recherche au Canada. Grâce à l'ICRA, les chercheurs sont en mesure d'établir des collaborations qui ne se seraient peut-être pas produites, de façon à mieux faire connaître le milieu de la recherche canadienne aux experts indépendants.

De plus, selon les données de l'ICRA, 15 chercheurs mondiaux ont été amenés de l'étranger et ont été établis dans des universités canadiennes entre 2008 et 2012 grâce aux bourses qu'ils leur ont été accordés. Au cours de la même période, 17 Canadiens ont choisi de demeurer au Canada en raison de leur nomination au programme Chercheurs mondiaux.

La vérification de l'évaluation et du rendement de 2010 a conclu que le modèle de l'ICRA, qui a pour objet de faciliter l'interaction entre les scientifiques éminents et les boursiers dans des tribunes régulières, a attiré l'attention sur l'excellence de la sélection des groupes dans les universités canadiennes. Le rapport recommande que ceci ait été un facteur influençant le choix de certains chercheurs de l'étranger à l'acceptation des nominations au Canada, ou sinon pour ceux qui travaillent déjà au Canada, à demeurer.

Les entrevues menées aux fins de cette évaluation l'ont confirmé, soulignant que l'ICRA s'avère un élément clé sur les façons de maintenir en poste et d'attirer des boursiers dans les établissements canadiens, et peut d'ailleurs se révéler comme étant une justification dans le but de demeurer au Canada, alors qu'il permet la collaboration internationale à un niveau qu'on ne peut facilement trouver ailleurs. L'une des personnes interrogées a précisément mentionné que les réseaux favorisés par l'ICRA n'auraient pu être développés par des universitaires laissés à eux-mêmes.

3.2.4 Dans quelle mesure l'ICRA a-t-il été capable d'encourager le secteur privé et le gouvernement provincial à investir davantage dans la recherche fondamentale et dans les activités de développement au Canada?

Principale constatation : au cours des cinq dernières années, l'appui financier des gouvernements provinciaux a diminué. Les recettes générées sont demeurées relativement stables au cours des trois dernières années puisque l'organisation a davantage pigé dans les fonds de sources privées.

La répartition des sources de recettes de l'ICRA au cours des cinq dernières années est présentée au tableau 4. Bref, les recettes de l'ICRA ont diminué de façon constante de 20 millions de dollars en 2007-2008 à 13,3 millions de dollars en 2011-2012. La situation est en grande partie attribuable à une forte baisse des contributions provinciales par rapport au sommet de 11,3 millions de dollars dans les contributions provinciales en 2007-2008, des crédits ponctuels supplémentaires de l'Ontario, à 4,1 millions de dollars en 2011-2012. Cette diminution peut être attribuable au contexte économique actuel dans lequel les gouvernements (fédéral et provincial) cherchent à réduire leurs dépenses.

Tableau 4 : Tendances des recettes de l'ICRA de 2007 à 2012(en milliers de dollars)
2007-2008 2008-2009 2009-2010 2010-2011 2011-2012
Gouvernement fédéral 5 000 5 000 5 000 5 000 5 000
Gouvernement provincial 11 269 6 700 6 555 4 600 4 100
Secteur privé 3 001 2 632 2 876 3 079 3 589
Revenu de placement 998 1 049 −782 799 647
Ratio – public/privé 84/16 82/18 80/20 76/24 72/28
Totaux 20 268 15 381 13 649 13 478 13 336

À l'exception d'une légère inflexion en 2008-2009, les contributions du secteur privé connaissent une tendance à la hausse depuis les cinq  dernières années. Cela fait suite à un effort conscient du programme afin d'augmenter le ratio de financement des contributions des secteurs public/privé de 80/20 à 70/30. Les contributions du secteur privé, allant de 2,6 millions de dollars à 3,6 millions de dollars, proviennent d'une panoplie de sources différentes (comme il est possible de le constater au tableau 5). Cependant, cette hausse des contributions du secteur privé, de même que la variation correspondante du ratio des contributions du secteur privé, ne représente pas une augmentation générale des ressources financières pour l'organisation. Bien que le tableau 4 montre que la cible à l'égard du ratio a presque été atteinte, cette situation est davantage en raison de la diminution des recettes provinciales que la hausse des recettes dans le secteur privé.

Tableau 5 : Détails des tendances des recettes du secteur privé de 2007 à 2012 (en milliers de dollars)
2007-2008 2008-2009 2009-2010 2010-2011 2011-2012
Sociétés 1 002 914 804 958 519
Fondations 1 074 1 130 1 116 991 1 491
Personnes 605 566 750 642 544
Autres contributions 320 22 206 487 1 035
Total 3 001 2 632 2 876 3 078 3 589

Il importe également de noter que ce ne sont pas toutes les sources de recettes du secteur privé qui ont connu une tendance à la hausse. La contribution des recettes effectuée par les sociétés a diminué d'un sommet atteignant 1,2 million de dollars en 2008-2009 pour s'établir à 520 000 dollars en 2011-2012. Au cours de cette même période, les contributions des fondations sont passées de 800 000 dollars à 1,49 million de dollars et les dons des particuliers ont varié de 500 000 dollars à 800 000 dollars, contrant partiellement la baisse dans les recettes liées aux sociétés. Les autres contributions, y compris les dons amassés grâce aux campagnes de financement et au parrainage, ont beaucoup varié allant de 22 000 dollars en 2008-2009 à plus de 1 million de dollars en 2011-2012.

L'ICRA a déployé des efforts dans le but d'accroître la contribution des sociétés, mais cela s'est avéré une tâche difficileNote de bas de page 49. Les diminutions des contributions à l'échelle des sociétés depuis 2008-2009 peuvent être attribuables au ralentissement économique. L'OCDE a fait savoir, en septembre 2012, que l'investissement en R-D par le secteur privé sur le plan mondial a diminué depuis ce tempsNote de bas de page 50. L'ICRA a déterminé que les sociétés cherchent à atteindre une meilleure notoriété de la marque et la reconnaissance publique pour leur soutien, et l'organisation répond en créant davantage d'occasions aux sociétés d'interagir avec les chercheurs travaillant dans des domaines qui chevauchent avec les autres sociétés dans lesquelles le Canada détient des intérêts.

3.2.5 L'exécution des programmes de recherche de l'ICRA est-elle efficace et efficiente?

Principale constatation : le fait de faire appel à une tierce partie afin d'exécuter les programmes de recherche du type appuyé par l'ICRA est un mécanisme d'exécution efficace. D'autre part, l'étude de comparaison des coûts montre que le « modèle virtuel » de l'ICRA est efficient par rapport aux modèles plus traditionnels employés par les autres organismes de recherches avancées.

L'efficacité et l'efficience de l'exécution des programmes de recherche de l'ICRA ont été évaluées sur deux plans distincts : l'efficacité de faire appel à un mécanisme d'exécution efficace et l'efficience du modèle virtuel d'exécution de l'ICRA en comparaison aux modèles d'exécution plus traditionnels.

L'efficacité de l'exécution par les tiers

Par l'intermédiaire de la Direction des partenariats scientifiques, Industrie Canada gère les contributions fédérales avec un nombre d'organismes indépendants dans le but de s'acquitter des engagements du gouvernement tels qu'ils sont établis dans la Stratégie des S et T. L'efficacité de l'ICRA dans le but d'appuyer les réseaux de chercheurs canadiens et étrangers a été évaluée par rapport aux principes et critères suivants, relatifs au recours aux fondationsNote de bas de page 51, notamment : la capacité à fournir des décisions qui peuvent être prises de façon indépendante et impartiale; la capacité à permettre la demande d'un processus d'évaluation par les pairs; la capacité à accorder une contribution garantie au cours de la vie des projets pluriannuels.

L'ICRA est régi par un conseil d'administration, composé de personnes en provenance d'entreprises canadiennes, des milieux de la recherche et des communautés professionnelles. Une évaluation des structures de gouvernance de l'ICRA, effectuée dans le cadre de la vérification de l'évaluation et du rendement de l'ICRA de 2010, a permis de conclure que le conseil est d'une haute supérieure et établi une bonne culture organisationnelle à l'égard de l'ICRA, et possède la capacité de tirer profit d'une solide expérience. Ce type de décision qui peut être prise de façon indépendante et impartiale est considéré comme nécessaire afin d'appuyer efficacement la mission de l'ICRA qui est de faire figure dans la formulation et l'élucidation de questions scientifiques et socioéconomiques complexes. D'ailleurs, les entrevues menées avec les représentants du gouvernement ont signalé des retombées supplémentaires liées à ce modèle de gouvernance, lequel comprend l'aptitude d'apporter une solide expertise régionale et sectorielle à la prise de décision et offre aux personnes connues la possibilité de se prononcer publiquement au sujet des retombées relatives aux travaux de l'organisation.

Une évaluation scientifique par les pairs est habituellement perçue comme essentielle pour évaluer la qualité et l'excellence de la recherche tout au long du processus de recherche. L'ICRA est constitué de deux mécanismes en ce qui a trait à l'évaluation par les pairs. Le Conseil de recherche a pour vaste mandat d'effectuer un suivi régulier de l'orientation générale et de la qualité des programmes de recherche et de communiquer des conseils au président. Également, par l'utilisation d'un processus d'évaluation par les pairs plus officiel, un examen externe de chaque domaine de programmes est effectué après quatre ans. Surtout en raison de ses relations établies avec les milieux des affaires, de la recherche et professionnel pertinents, l'ICRA peut efficacement identifier et tirer profit des expériences directes et des connaissances des experts dans des domaines pertinents.

Finalement, chaque programme de recherche de l'ICRA est établi sur une échéance de cinq ans (renouvelable). Un appui financier stable est nécessaire pour appuyer la nature à long terme de la recherche fondamentale, laquelle prend souvent plusieurs années à réaliser des progrès importants. Aussi, le financement pluriannuel, qui permet l'approfondissement de la planification et de l'évaluation des programmes de recherche, assure la stabilité pour la collaboration continue entre les membres de l'équipe, de même que l'accroissement de l'aptitude des jeunes chercheurs dans le développement de leur capacité de recherche grâce à des interactions continues avec davantage de chercheurs établis.

Efficience du modèle d'exécution

Alors que le siège social de l'ICRA est à Toronto en Ontario avec un personnel formé d'environ 35 personnes afin d'appuyer ses programmes, le modèle de recherche employé est de nature « virtuelle ». « Virtuelle » désigne, en fait, que l'ICRA ne possède pas d'emplacement matériel pour abriter ses chercheurs, comme il est le cas pour la plupart des autres instituts de recherche canadiens. En appliquant le modèle virtuel, l'ICRA développe un réseau de chercheurs éminents d'établissements distincts au Canada et à l'étranger, lesquels demeurent dans leurs établissements d'attache. L'ICRA facilite et appuie l'interaction et la collaboration chez les chercheurs par le biais de réunions en personne.

Dans d'autres programmes de recherches avancées, l'approche est différente – les chercheurs se présentent à un institut et y mènent de concert des recherches. Comparativement à ce modèle plus traditionnel, l'approche adoptée par l'ICRA établit un niveau élevé relativement à l'interaction de groupes de pairs, tout en permettant aux universités de retenir à leur service les chercheurs les plus brillants. Il s'agit d'une approche efficiente, dans laquelle la somme que l'ICRA est retenu de payer à ses chercheurs est relativement faible et génère d'autres sources de financement disponible aux chercheurs.

Bien que le modèle de l'ICRA soit unique à l'échelle nationale et internationale, les comparaisons entre les autres organismes de recherches avancées pourraient néanmoins se révéler instructives aux fins d'évaluation de l'efficience. Les trois organisations examinées dans le cadre de l'étude de comparaison des coûts appuient la recherche de pointe et dépendent des parrains non gouvernementaux à divers degrés pour financer leurs activités (détails à l'annexe E.). Une évaluation des dépenses cumulatives en comparaison aux coûts non relatifs au programme a été effectuée dans l'ensemble des trois organisations. En 2012, la proportion des dépenses de l'ICRA non relatives au programme était de 4 à 9 % inférieure à celle des instituts, accompagnés davantage de modèles d'appui à la recherche traditionnelle.


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4.0 Conclusions et recommandations

4.1 Conclusions

Pertinence

  • Il existe un besoin continu pour la recherche fondamentale financée par les fonds publics comme moyen de favoriser l'innovation et d'offrir des avantages socioéconomiques à la société canadienne. L'ICRA répond à ce besoin par l'exécution de programmes de recherche de grande envergure conçus à créer des percées dans le savoir et à offrir des activités de soutien relatives au recrutement et au perfectionnement de personnel hautement qualifié.
  • Le programme cadre avec les priorités du gouvernement fédéral liées à l'appui pour la recherche fondamentale et l'attraction, la formation et le maintien en poste des chercheurs tels qu'énoncés dans la Stratégie des S et T. De plus, les programmes de l'ICRA sont harmonisés avec les résultats stratégiques du ministère d'Industrie Canada.
  • L'appui au regard de l'ICRA cadre avec les rôles et les responsabilités du gouvernement afin d'encourager le développement des sciences de la technologie. L'ICRA occupe un créneau au sein de l'écosystème canadien en matière de S et T, offrant une approche unique dans le but de mener les activités de recherches fondamentale et appliquée, de même que permettre les travaux multidisciplinaires et le financement pour les chercheurs à l'échelle internationale ainsi que la collaboration.

Rendement

  • L'ICRA a permis avec brio le renforcement de la recherche interdisciplinaire dans les domaines qui revêtent une importance au développement socioéconomique à long terme du Canada. Ces forces en matière de recherche sont manifestes dans les résultats atteints par les chercheurs de l'organisme, et également dans la reconnaissance intrinsèque à l'échelle nationale et internationale parmi les nombreux prix dont ils ont été les lauréats. Cependant, l'évaluation de l'efficacité relative aux activités de partage des connaissances nécessiterait des mesures de rendement plus solides.
  • L'engagement international dans les programmes de l'ICRA a crû. Cela a été réalisé grâce à la pratique servant à attirer de nouveaux membres et des conseillers en provenance de différents pays et en prenant part aux activités de sensibilisation internationales. Un aperçu supplémentaire de l'efficacité des activités de sensibilisation à l'échelle internationale nécessiterait des mesures de rendement plus améliorées.
  • L'ICRA a amélioré les processus de préparation, d'attraction et de maintien en poste de personnel hautement qualifié au Canada en engageant les étudiants aux cycles supérieurs et les boursiers postdoctoraux dans ses programmes de même que l'attraction et le maintien en poste de chercheurs de haut calibre dans distinctes disciplines dans le but de travailler et de demeurer au Canada.
  • Au cours des cinq dernières années, le financement offert par les gouvernements provinciaux a diminué. Néanmoins, les revenus ont été relativement stables ces trois dernières années puisque l'organisation a puisé davantage dans des fonds de sources privées.
  • Le recours à des organismes tiers aux fins d'exécution des programmes de recherche du type appuyé par l'ICRA est un mécanisme d'exécution efficace. En outre, l'exercice de comparaison des prix montre que le « modèle virtuel » de l'ICRA est efficace lorsqu'on le compare aux modèles plus traditionnels utilisés par d'autres organismes de recherches avancées.

4.2 Recommandations

Recommandation 1 : la Direction des partenariats scientifiques devrait travailler avec l'ICRA afin de favoriser leurs stratégies de mesure du rendement. L'élaboration de mesures de rendement supplémentaires dans le but de mieux cerner l'efficacité relative aux activités et aux extrants de l'ICRA en vue de déterminer les résultats intermédiaires et à long terme devrait recevoir une attention particulière.


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Intervention de la direction et plan d'action

Évaluation de l'Institut canadien de recherches avancées (ICRA) — Intervention de la direction et plan d'action
Recommandation Réponse de la direction et mesure prévues Responsabilité de la direction Date cible d'achèvement

Recommandation 1 : La Direction des partenariats scientifiques devrait collaborer avec l'ICRA aux fins de renforcement de leur stratégie de mesure du rendement. Une attention particulière devrait être accordée concernant l'élaboration de mesures du rendement supplémentaires afin de mieux cerner l'efficacité des activités et des extrants de l'ICRA en vue de déterminer les résultats intermédiaires et à plus long terme.

Acceptée.

Les travaux relatifs à l'ICRA progressent bien pour peaufiner sa stratégie de mesure du rendement pour la période de financement actuelle.

Nous continuerons à travailler de concert avec l'ICRA sur leur stratégie de mesure du rendement. À cet égard, nous appuierons l'ICRA en ce qui a trait à tout indicateur du rendement supplémentaire qui peut être nécessaire et au perfectionnement de son modèle logique dans le but de montrer plus clairement les liens qui existent entre les activités, les extrants et les résultats prévus.

Directrice générale,
Direction générale de la coordination de programme

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