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Archivée - 6. Attirer le talent, les capitaux et l'innovation

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Depuis plusieurs dizaines d'années, l'IED contribue fortement à la performance économique du Canada. La valeur de l'IED au Canada est plus élevée que celle enregistrée par plusieurs de ses concurrents53. Par le passé, à cause des tarifs élevés du Canada, l'IED était le principal moyen d'accéder au marché canadien, créant ainsi une « économie de succursales ».

Suite à une série de négociations commerciales et aux accords sur le libre-échange, les tarifs ont été abaissés et plusieurs entreprises détenues par des intérêts étrangers ont rationalisé leur production au Canada pour les marchés nord-américains et mondiaux.

Le modèle de succursales a été remplacé par celui de la chaîne de valeur mondiale, dans laquelle la R-D, la conception et la production sont effectuées en divers endroits. Aujourd'hui comme à l'avenir, la clé du succès économique d'un pays dépend de la participation à ces chaînes de valeur mondiales gérées par de grandes multinationales, de propriété nationale ou étrangère.

Un pays possédant un petit marché intérieur, comme le Canada, se doit de participer à ces chaînes de valeur mondiales. À cet égard, la documentation publiée sur l'économie démontre de plus en plus que les multinationales, peu importe le pays d'origine du dirigeant, surclassent les entreprises nationales à bien des égards, notamment sur le plan de l'innovation, de la rémunération, de la productivité, des exportations et des bénéfices.

Plusieurs entreprises canadiennes obtiennent les avantages d'une multinationale en investissant à l'étranger. Toutefois, pour plusieurs d'entre elles, cet avantage est obtenu par l'IED. De même, une fois que les petites et moyennes entreprises atteignent une taille donnée, la meilleure option pour que les propriétaires fassent des gains et que les employés élargissent leurs perspectives de carrière consiste à se joindre à une structure organisationnelle d'envergure mondiale. Le défi du Canada, pour ses multinationales établies au pays et pour attirer l'IED, est de créer un climat susceptible d'attirer les activités de plus grande valeur.

Affaires étrangères et Commerce international Canada fait connaître les avantages qu'offre le Canada en tant qu'endroit privilégié où investir et offre des services aux investisseurs potentiels. Un réseau de conseillers en investissements en poste à l'étranger fait la promotion des investissements dans des secteurs prioritaires canadiens à partir de marchés clés.

Les meilleures pratiques nationales

Au chapitre de l'élaboration de politiques favorables aux investissements intérieurs par des intérêts étrangers, deux pays industrialisés se comparent au Canada : l'Irlande et l'Australie.

Le gouvernement irlandais a adopté une stratégie proactive en restructurant ses politiques économiques pour rendre le pays plus attrayant aux yeux des investisseurs. Un élément clé de sa stratégie a été de réduire sensiblement son taux d'imposition des sociétés, voulant ainsi attirer les sociétés étrangères grâce à un régime fiscal concurrentiel. Les Irlandais sont très ouverts aux investissements dans leur pays, et recherchent même activement des sociétés et des investisseurs étrangers. Estimant que les sociétés et les investisseurs mondiaux ne visent pas qu'un seul marché national, l'Irlande s'est aussi fait connaître comme l'endroit à partir duquel accéder à l'important marché qu'est l'Union européenne. De plus, le gouvernement irlandais accorde une grande priorité à l'investissement dans l'éducation et la formation, reconnaissant ainsi l'importance d'une main-d'œuvre qualifiée. Depuis 1990, le PIB par habitant de l'Irlande, qui était l'un des plus faibles de l'OCDE, est passé au 4e rang de l'ensemble des pays membres de cette organisation54.

L'Australie, pour sa part, est un pays présentant plusieurs similitudes avec le Canada, surtout comme pays essayant d'atteindre un juste équilibre entre deux objectifs : attirer des investissements étrangers et continuer de développer son industrie nationale. Depuis le milieu des années 1990, l'Australie a montré un ferme engagement à adopter des mesures sur la compétitivité, un engagement qui se reflète non seulement au sein de son gouvernement fédéral, mais aussi à l'échelle de ses États. Des réformes structurelles et institutionnelles apportées à son régime de concurrence, ainsi que des efforts soutenus et continus d'examen et de réforme reflètent l'engagement de l'Australie à s'adapter au nouveau climat concurrentiel mondial. Ces efforts de réforme structurelle se sont caractérisés par la création en 1998 d'une commission sur la productivité, qui continue d'apporter une grande contribution à la compétitivité australienne, tant sur le plan des processus que des conseils au gouvernement55.

L'avenir

Comment le Canada peut-il lutter à grande échelle pour obtenir des investissements? Devrait-il se concentrer principalement sur les investissements visant le marché nord-américain? Depuis l'entrée en vigueur des accords de libre-échange il y a près de 20 ans, le Canada n'a pas été l'endroit privilégié où investir en Amérique du Nord. En fait, la part canadienne de la valeur de l'IED nord-américain intérieur a chuté, passant de plus de 40 p. 100 en 1980 à 16,3 p. 100 en 2005 (figure 12)56.

Un élément important du contexte nord-américain est la ratification par les États-Unis et le Mexique d'accords bilatéraux de commerce et d'investissement avec plusieurs pays, à la fois dans notre hémisphère et ailleurs. Ainsi, les États-Unis et le Mexique ont l'avantage d'être des carrefours d'investissement s'étendant vers bon nombre de marchés de libre-échange.

Néanmoins, dans un contexte nord-américain où le Canada ne représente que 10 p. 100 du marché canado-américain, il faut bénéficier d'énormes avantages économiques pour investir au Canada en vue d'exporter aux États-Unis, afin de compenser les risques potentiels associés au passage de la frontière. Malheureusement, depuis les événements du 11 septembre, ce risque est plus élevé que jamais, surtout pour les produits manufacturés et leurs composants intermédiaires. Ces défis sont amplifiés par des querelles frontalières qui surviennent régulièrement entre les deux pays. Un passage de la frontière canado-américaine sans heurts est un facteur important pour la compétitivité du Canada dans le marché nord-américain.

Voici d'autres facteurs qui influent sur les décisions en matière d'investissement :

  • le climat macroéconomique;
  • l'infrastructure économique;
  • l'infrastructure du savoir;
  • le capital humain;
  • les politiques fiscales;
  • l'accès au capital et son coût;
  • le cadre de réglementation;
  • la qualité de la gestion et la culture d'entreprise;
  • les indicateurs de la qualité de vie;
  • les coûts de l'énergie.

Le Conference Board du Canada et l'Institute on Competitiveness and Prosperity ont déterminé que plusieurs de ces facteurs sont importants pour rendre un pays attrayant aux yeux des investisseurs.

ATTIRER LE TALENT, LES CAPITAUX ET L'INNOVATION – QUESTIONS

  1. Comment le Canada peut-il mieux promouvoir l'EID au pays? Quelles modifications à sa politique pourraient contribuer à atteindre cet objectif?
  2. En particulier, quelle combinaison de modifications devraient être apportées aux politiques pour faire du Canada le point d'entrée privilégié sur le marché nord-américain pour les activités à valeur ajoutée des entreprises autres que nord-américaines, et l'endroit de choix où s'établir?
  3. La modernisation des lois sur la concurrence et l'investissement suffirait-elle pour attirer l'IED au Canada? À quels autres priorités et enjeux politiques le gouvernement devrait-il prêter attention?
  4. Quelles incidences un dollar canadien ayant une valeur plus élevée a-t-il sur l'attrait concurrentiel du Canada pour les investisseurs?
  5. Quelles autres mesures pourraient être prises au Canada afin d'encourager un examen continu de la performance du pays en matière de concurrence, d'investissement et de productivité, en vue de maintenir sa compétitivité?