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Archivée - 5. Le Canada est-il bien placé pour livrer concurrence et gagner?

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Le Canada est-il bien placé pour créer de meilleurs emplois et davantage de richesse et pour améliorer le niveau de vie de ses citoyens dans un monde en perpétuelle évolution?

Lors de notre évaluation des perspectives du Canada, nous nous sommes penchés sur les forces et les faiblesses des facteurs qui jouent le plus directement sur l’aptitude qu’a le Canada d’attirer des capitaux et de développer des entreprises concurrentielles et, partant, d’offrir aux Canadiens des emplois et des occasions de qualité.

Le Canada fait l’objet d’opinions diverses, au chapitre de sa compétitivité par rapport à celle d’autres pays, dans les différentes études de classification1. Dans l’ensemble, aucune conclusion simple ou permettant d’appliquer des mesures correctives ne peut être tirée de ces constatations. Voici notre propre évaluation des forces et des faiblesses du Canada.

Forces en matière de concurrence

Le Canada dispose de plusieurs atouts. Parmi ses avantages principaux, citons l’emplacement, les ressources naturelles, une économie diversifiée, un système d’éducation publique de grande qualité et une stabilité institutionnelle et politique.

La proximité du Canada avec les États-Unis et les relations uniques qu’entretiennent les deux pays sont des gages d’accès du Canada au vaste marché américain. Ce facteur est renforcé par les accords commerciaux avec les États-Unis, qui donnent une entrée préférentielle en matière de biens et de services. De plus, l’emplacement des ports canadiens offre un accès plus rapide aux grands marchés centraux américains que les ports américains ne peuvent le faire pour des produits provenant de l’Asie et de l’Europe ou à destination de ces régions.

Le Canada possède d’abondantes ressources naturelles2. Il est le plus grand producteur et exportateur d’uranium et dispose des troisièmes plus vastes réserves au monde. Le Canada est également le premier producteur de potasse. Il se classe au deuxième rang en matière de production hydroélectrique et au troisième rang pour la production de gaz naturel. Le Canada est le principal fournisseur de pétrole, de produits du pétrole et de gaz naturel des États-Unis.

L’on prévoit que des investissements pouvant atteindre 300 milliards de dollars en capital privé seront affectés au développement des ressources canadiennes au cours des cinq à dix prochaines années3.

À mesure que les sources conventionnelles de pétrole brut et de gaz naturel s’épuisent, le Canada a l’occasion d’exploiter des sources non conventionnelles, y compris les sables bitumineux. On tire actuellement 1,2 million de barils par jour des sables bitumineux, production qui pourrait atteindre 5 millions de barils d’ici 2030. Les réserves connues de pétrole dans les sables bitumineux du Canada se classent deuxièmes en importance, derrière celles de l’Arabie saoudite. Le potentiel canadien dépasse largement les sables bitumineux de l’Alberta. Des projets de pipelines partant du delta du Mackenzie offrent la possibilité d’un approvisionnement important et fiable de gaz naturel pour le marché nord-américain.

Les assises économiques du Canada sont diversifiées. Outre ses ressources de minerai et de pétrole, le Canada est un des chefs de file mondiaux en matière de pêches, de foresterie et d’agriculture. Récemment, les forces traditionnelles du Canada dans le secteur manufacturier ont été ébranlées par les variations des taux de change. Nous croyons que des redressements appropriés conduiront à une productivité accrue et que le secteur manufacturier saura s’adapter. L’économie canadienne tire aussi d’autres forces de la croissance de son secteur des services. Le mélange de produits et services traditionnels et émergents offre une base solide permettant d’asseoir la compétitivité du pays.

Le Canada possède une population très bien éduquée. Ses étudiants se classent bien dans les études internationales d’aptitudes, et de nombreux Canadiens détiennent des diplômes collégiaux ou universitaires. Le pourcentage de Canadiens détenant un emploi est également élevé, et il s’agit d’employés qualifiés, souples et dotés d’une solide éthique du travail. De nombreux Canadiens ont réussi à acquérir les habiletés qu’exige le nouveau marché du travail et ont saisi les nouvelles occasions. Il s’agit là d’atouts clefs dans une économie du savoir et de la valeur ajoutée. De plus, la diversité culturelle du Canada, sa tolérance et un degré élevé d’acceptation des immigrants sont des atouts dans un contexte de mondialisation.

En matière d’intégrité et de crédibilité, le Canada s’est mérité une réputation internationale grâce à un leadership et une diplomatie solides. Ces antécédents et cette réputation de « médiateur honnête » permettent au Canada de traiter avec des pays plus forts dans des organisations politiques et économiques de grande importance. La dualité linguistique du Canada facilite une présence forte tant dans la Francophonie que dans le Commonwealth. Le Canada est un membre respecté du G7 et est reconnu dans le monde pour sa politique fiscale prudente (génératrice d’excédents budgétaires, année après année), à laquelle s’ajoute une politique monétaire crédible. Le Canada fait également preuve de stabilité politique grâce à de fortes institutions et à un engagement envers la règle de droit, un atout concurrentiel de plus en plus important en matière de développement économique et de mise en valeur des ressources.

Figure 6 – Décroissance de la part du produit intérieur brut du secteur manufacturier dans les économies développées, 1971-2007

Figure 6 – Décroissance de la part du produit intérieur brut du secteur manufacturier dans les économies développées, 1971-2007

Source : Estimations du ministère des Finances Canada fondées sur des données de Statistique Canada, du U.S. Bureau of Economic Analysis, du United Kingdom Office of National Statistics et de l’OCDE, tel que cité dans le Plan budgétaire de 2008 du ministère des Finances, « Un leadership responsable », p. 41.

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Faiblesses en matière de concurrence

Il y a néanmoins l’envers de la médaille. Les faiblesses peuvent être regroupées comme suit : faible densité de la population et géographie vaste et diversifiée; problèmes liés à la taille; fragmentation juridictionnelle et fardeau réglementaire; imposition et coût des capitaux; et ambition insuffisante en matière d’entrepreneurship.

Le Canada se classe au deuxième rang mondial en termes de superficie, mais sa population et son économie sont petites par rapport aux normes mondiales. Le Canada abrite 0,5 % de la population mondiale et représente 2,0 % de l’activité économique mondiale. Parmi les pays du G7, le Canada se classe au dernier rang, tant au chapitre de la population que de l’activité économique.

Un climat froid et une population modeste dispersée sur de vastes étendues compliquent la situation. La grande taille du Canada impose de lourds frais d’infrastructure, et se traduit par d’énormes exigences en matière de frontières, de ports et de corridors de transport. Le petit marché intérieur force les entreprises canadiennes à chercher des débouchés à l’extérieur des frontières pour atteindre les économies d’échelle permettant de soutenir la concurrence de leurs rivaux mondiaux à armes relativement égales. Les entreprises canadiennes doivent aussi surmonter la tendance à demeurer petites au sein d’une fédération décentralisée. Qui plus est, le Canada ne possède pas de mécanisme pour régler les différends entre l’État et les provinces, ce qui entraîne une fragmentation des marchés.

Une multitude de barrières internes restreignent la mobilité des biens, des services et des gens, ce qui étrique davantage des marchés déjà petits. Le Canada souffre également de la « tyrannie des petites différences »4 découlant d’une démarche réglementaire qui le met dans une position de désavantage concurrentiel, même par rapport à son partenaire commercial le plus proche, les États-Unis. Par exemple, le Canada exporte 90 % de ses produits automobiles manufacturés vers les États-Unis5, mais de nombreux règlements de fabrication automobile ne sont pas harmonisés entre les deux pays. Ces différences inutiles constituent des barrières de facto aux échanges commerciaux, avec pour résultat des prix plus élevés au Canada pour des véhicules de même modèle.

Les règlements et procédures inutiles ralentissent l’innovation, minent le lancement de nouveaux produits, servent à protéger les producteurs nationaux contre les concurrents étrangers et freinent la compétitivité, la productivité, l’investissement et la croissance6.

D’autre part, il n’y a pas suffisamment d’échanges entre les secteurs privé et public. La compétitivité économique résulte d’un partenariat productif entre le gouvernement et le milieu des affaires, et nos concurrents comprennent bien mieux l’importance de ce type de relations. Comme le conclut SECOR dans son analyse de la compétitivité du Canada, les entités qui nous font concurrence synchronisent mieux les affaires internationales et la politique publique, et ont des ambitions internationales claires et partagées7.

Une étude récente montre qu’en 2008 l’avantage du Canada par rapport aux États-Unis au titre des coûts de fabrication n’était plus que de 0,1 %, soit beaucoup moins que l’avantage de 10 % affiché en 20028. Le Mexique a un avantage de 16 % par rapport au Canada au titre des coûts. La même étude souligne la sensibilité de ces résultats aux taux de change.

Le niveau et le système d’imposition du Canada, ainsi que les effets qu’ils ont sur le coût des capitaux des entreprises canadiennes, s’avèrent aussi un frein à la compétitivité du pays. Il n’y a pas assez d’harmonisation entre les taxes de consommation et d’affaires fédérales et provinciales. Les impôts canadiens sur les investissements commerciaux dans certaines provinces freinent les investissements destinés à augmenter la productivité et diminuent l’attrait du Canada comme destination propice à l’IED.

Comme dernière faiblesse en matière de compétitivité canadienne, citons un manque de culture et d’ambition entrepreneuriales. Une étude de recherche commandée par le Groupe d’étude conclut qu’il manque aujourd’hui au Canada le « cycle vertueux » de la création de talents mue par les réussites entrepreneuriales, lesquelles génèrent des rendements financiers intéressants qui, à leur tour, engendrent un solide marché du capital de risque, ce qui amène enfin une nouvelle génération d’entrepreneurs9. Quoique l’esprit entrepreneurial existe dans certaines entreprises et industries, le Canada a besoin de chefs d’entreprises plus agressifs et ambitieux, possédant la mentalité voulue pour foncer et gagner au XXIe siècle.

Le Groupe d’étude estime que le Canada doit faire fond sur ses forces et prendre les mesures nécessaires pour composer avec ses faiblesses. Ceci termine notre présentation des fondements et notre analyse des enjeux, et nous passons maintenant à notre programme, à nos constatations et à nos recommandations.