Archivé — Industrie Canada et les Jeux d'hiver – Au cœur de l'action

Le 12 février 2010 est une date qui a passé à l'histoire : les cérémonies d'ouverture des Jeux olympiques d'hiver à Vancouver ont exigé plus de fréquences radio qu'il n'en a jamais été utilisé pour une même manifestation.

Vrai ou faux? Les communications sans fil sont invisibles.

Vrai. L'énergie des radiofréquences est invisible, inaudible et imperceptible par les êtres humains. Cependant, les communications sans fil (faisant partie du spectre des radiofréquences, qui est géré par Industrie Canada) sont détectables, mesurables et gérables. Ainsi pour un agent de gestion du spectre d'Industrie Canada, elles sont bien visibles.

Trois radiogoniomètres pointant sur un signal.

Ce qui peut se voir peut se gérer, et il est heureux que le spectre des radiofréquences soit visible aux agents du spectre, parce que la gestion des communications sans fil est un aspect complexe et vital de l'organisation des Jeux olympiques et paralympiques d'hiver de 2010 à Vancouver. La gestion du spectre est aussi un engagement qu'a pris le gouvernement du Canada envers le Comité International Olympique dès 2002. Cet engagement signifie qu'Industrie Canada, en tant que ministère fédéral chargé de gérer l'exploitation du spectre des radiofréquences au pays, doit répondre aux besoins du Comité organisateur des Jeux olympiques et paralympiques d'hiver de 2010 à Vancouver (COVAN) et aider à régler tout problème de brouillage radioélectrique pendant les Jeux, 24 heures sur 24, 7 jours sur 7.

IC3

Le pôle névralgique de cette importante mission est le Centre de coordination d'Industrie Canada pour les Jeux olympiques 2010 (IC3). Des équipes se relaient à IC3 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 pour exécuter notre mandat aux Jeux. Elles dirigent des équipes d'agents du spectre disséminées dans diverses zones désignées pour surveiller l'exploitation des ondes radio et enquêter sur les problèmes de brouillage signalés. Chaque équipe de terrain est pourvue d'un appareil portatif de surveillance et de détection des fréquences radio. Certaines sont affectées pour une journée entière à un site spécifique où se tiennent plusieurs épreuves, tandis que d'autres doivent couvrir plusieurs sites.

L'activité olympique fébrile s'étend sur un long corridor, depuis les rives de Richmond au sud jusqu'aux sommets enneigés de Whistler à 120 kilomètres au nord, en passant par la ville de Vancouver. Il faut une disponibilité de tous les instants pour régler les problèmes de brouillage susceptibles de survenir dans 15 sites : aux cérémonies, aux célébrations, aux festivals et autres activités culturelles ainsi que, bien sûr, à toutes les compétitions olympiques. Allez les Canadiens!

Imaginez que vous vous trouvez dans un site – par exemple l'Anneau olympique de Richmond – où les meilleurs athlètes du monde se disputent la médaille d'or. Les gradins sont remplis à craquer de spectateurs, d'officiels, d'entraîneurs et de représentants des médias, et le spectre des fréquences radio couvrant le site, quoiqu'invisible, est tout aussi encombré.

Le brouillage radio se manifeste par la réception ou l'émission de signaux radio non désirés qui affectent le fonctionnement d'un système radio et se traduisent par une mauvaise réception des signaux recherchés ou par une restriction de la portée effective du système. Le brouillage est généralement le résultat inopiné de l'utilisation d'un appareil radio ou autre équipement produisant des ondes radio.

Les Jeux d'hiver de Vancouver sont les premiers Jeux olympiques à être diffusés en haute définition, et la technologie HD-TV mobilise une part énorme du spectre : les télédiffuseurs utilisent des caméras numériques à distance; les équipes nationales, les responsables de la sécurité et les services d'hôtellerie et de restauration utilisent des radios bidirectionnelles; et les journalistes téléchargent leurs reportages et leurs photos en haute résolution. Plus haut dans les gradins, quelques dizaines de blogueurs écrivent des billets sur une connexion Wi‑Fi tandis que des centaines de spectateurs agrippés à leurs cellulaires et autres téléphones intelligents envoient force textos, photos et vidéos à Facebook et à tante Simone. Et n'oublions pas les gens qui utilisent Twitter et qui mitraillent à qui mieux mieux que « les Américains sont en excellente position », « la course est lancée », « il fait chaud ici! »

Par ailleurs, un nombre incalculable d'autres appareils sans fil venus du monde entier se trouvent dans le corridor Vancouver–Whistler pour la période des Jeux, or les pays ont chacun leur façon de régir le spectre. Il y a de bonnes chances que toute cette panoplie du monde virtuel perturbe les bandes de fréquence utilisées par nos clients, en particulier dans les sites confinés comme celui de l'Anneau olympique.

Le trafic radio est déjà très intense dans la région de Vancouver. Cela tient au relief montagneux, à la proximité de la frontière avec les États-Unis et à la nécessité de répondre aux demandes concurrentes des consommateurs, des services policiers et des communications aéronautiques et maritimes. La région métropolitaine de Vancouver est un territoire urbain habité par plus de 2 millions de personnes, le troisième plus grand centre urbain du pays; elle est aussi la plus grande ville à jamais accueillir les Jeux olympiques et paralympiques d'hiver. Industrie Canada doit répondre aux besoins des Jeux d'hiver de Vancouver dans le difficile contexte de la croissance exponentielle qui caractérise l'utilisation et la complexité des technologies numériques et des produits sans fil. En même temps, le Ministère doit continuer de répondre aux besoins habituels de la population canadienne liés au spectre qui ne sont pas associés aux Jeux olympiques et paralympiques, mais qui demeurent un élément important des activités quotidiennes courantes au pays.

C'est peu dire que la gestion du spectre pendant les Jeux d'hiver de 2010 est un aspect complexe de l'organisation des Jeux. Sur le plan des télécommunications, les Jeux olympiques et paralympiques de 2010 à Vancouver sont les plus complexes jamais organisés. L'envergure de l'événement en fait un défi logistique sans précédent pour le Canada.

Les fonctions de base d'IC3 avant et durant les Jeux sont la prestation de services de gestion du spectre pour les clients des Jeux ainsi que les services d'examen et de règlement des problèmes de brouillage des communications radio; IC3 est également le centre de coordination concernant les incidents de télécommunications d'urgence pour tous les clients, qu'ils soient ou non associés aux Jeux.

Les responsables techniques d'IC3 chargés des activités de surveillance ont accès à cinq sites fixes d'exploration du spectre répartis dans la région du Grand Vancouver, ainsi qu'à des dispositifs de surveillance fixes et mobiles à Whistler. Les responsables d'Industrie Canada surveillent en continu l'utilisation du spectre radio dans la région de Vancouver-Whistler afin de dépister les éventuelles utilisations non autorisées et les sources potentielles de brouillage.

Quand et comment IC3 intervient-il?

Les membres de la famille olympique et paralympique ont reçu pour instruction de communiquer avec le bureau de dépannage du COVAN en cas de problèmes de brouillage. Si le COVAN ne peut régler le problème, il demande de l'aide à IC3. Selon la nature et la gravité du problème de brouillage, l'intervention peut se passer comme suit.

Un des techniciens de service fait appel aux cinq sites fixes d'exploration du spectre dans le Grand Vancouver, ou aux dispositifs de surveillance fixes et mobiles de Whistler.

Unité mobile de surveillance du spectre d'Industrie Canada.

Au moins deux des unités de surveillance fixes d'exploration du spectre repèrent par triangulation la source de brouillage. IC3 contacte les agents du spectre dotés d'équipement mobile dans la zone concernée. La précision de l'Explorateur de spectre permet de diriger une équipe mobile près de la source spécifique de brouillage.

Une fois que l'équipe locale d'Industrie Canada a trouvé la source de brouillage, l'équipement est réparé, filtré, remplacé ou déplacé, selon le cas; à défaut, son propriétaire ne peut plus l'utiliser avant que les mesures correctives nécessaires aient été prises.

Le Canada occupe le devant de la scène mondiale durant les Jeux d'hiver de 2010, si bien que tout retard dans l'élimination des problèmes notables de brouillage peut avoir des répercussions bien visibles pour le déroulement des Jeux … et pour les 3 milliards de téléspectateurs qui les suivent.

En cas de problème, les nombreux mois de soigneuse planification et de vigilance investis par le Ministère et le COVAN dans ce service essentiel s'avéreront rentables et constitueront une contribution efficace et aussi « invisible » que le sont les communications sans fil.

Bienvenue dans le monde de la gestion du spectre!

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